Start-up

Smixin propose un système pour se laver les mains avec juste 1 décilitre d’eau

Smixin est soutenu par Creaholic, une société à Bienne fondée par Elmar Mock, co-inventeur de la Swatch. A la mi-novembre, un fabricant de cuisines professionnelles intégrera le système de Smixin dans son catalogue

«Avez-vous les mains propres?», me demande Denis Crottet, directeur de Smixin en me dirigeant vers un système de lavage de mains, fruit de plusieurs années de recherche. Je tente l’expérience. Un prototype, installé au milieu des bureaux biennois de la start-up, délivre une mousse savonneuse. Un temps d’arrêt s’ensuit pour me frotter les mains. Puis, de l’eau claire coule pour les rincer. Rien de bien nouveau a priori. La sensation de lavage ressemble fortement à ce que l’on connaît déjà. «C’est ce que nous recherchions. Un ressenti identique. Ni plus, ni moins. Pourtant, la quantité d’eau utilisée n’est que de 1 décilitre contre plus de 1 litre habituellement», explique Denis Crottet, en refaisant une démonstration. «Notre prototype devrait permettre de réduire la consommation d’eau de 90%, tout en garantissant le même niveau d’hygiène.»

L’innovation du système, protégé par plusieurs brevets, repose sur une unité de mélange et de dosage du savon, de l’air et de l’eau. Une pompe volumétrique réalise ce travail. «Nous avons intégré, miniaturisé et simplifié une usine à gaz dans un emballage fonctionnel», compare Denis Crottet, un physicien de l’EPFL qui a fait ses premières armes chez Creaholic (lire encadré). «Le savon est déjà émulsionné lorsqu’il est délivré, ce qui permet de se rincer beaucoup plus rapidement les mains.»

L’objectif de la société – hébergée dans l’ex-usine Schnyder, un fabricant de… savons – est de remplacer les traditionnels robinets que l’on trouve dans les lieux publics ou les cuisines professionnelles par son système. «Nous discutons avec quelques partenaires, des fabricants de sanitaires et des savonniers. A la mi-novembre, un fabricant de cuisines professionnelles intégrera notre robinet dans son catalogue. Nous démarrons avec le marché français mais nous avons des ambitions mondiales», prévoit déjà Denis Crottet. Quant au prix de vente de l’appareil, il sera équivalent à celui d’un robinet avec senseur infrarouge capable de détecter automatiquement la présence des mains.

Parallèlement, la start-up développe aussi son propre système autonome et mobile, une sorte de fontaine à eau avec distributeur de papier intégré. Le design est en cours de conception à l’interne. L’appareil ne devra pas être connecté au réseau d’eau pour fonctionner. Une bombonne de 20 litres d’eau permettra 200 lavages de mains. «Les toilettes publiques dans les commerces, aéroports ou fast-food, par exemple, ne sont pas les endroits les plus hygiéniques pour se laver les mains. Un tel système autonome a pour but d’apporter l’hygiène à la population en dehors des toilettes, précise Denis Crottet. On pourrait par exemple les retrouver à l’entrée des restaurants, dans les gares, les aéroports ou les commerces.»

Une première série de 100 systèmes autonomes sortira de production au premier trimestre 2013. «Nous sommes actuellement en prospection de clients. Des discussions sont en cours», précise le directeur de l’entreprise qui espère atteindre la rentabilité d’ici trois à cinq ans et déployer des dizaines de milliers d’appareils d’ici là. «Nous sommes en mesure d’adapter notre rapport de mélange savon-eau, ainsi que les temps des différentes phases de lavage de mains pour satisfaire aux règles de chaque société. Il est également possible d’intégrer un savon antiseptique pour toucher ainsi le marché des hôpitaux, notamment pendant les risques de pandémie.»

L’idée de Smixin est née en 2004 au sein de Creaholic. «Nous avons pris conscience que l’eau serait, d’ici environ une génération, l’un des grands soucis de notre société», souligne Denis Crottet, cofondateur de la start-up, aux côtés de Creaholic et des entrepreneurs Gerhard Jansen (fondateur de Schleuniger Group) et Christian Ahrenkiel (président de Ahrenkiel Group). Fondée en décembre 2009, Smixin bénéficie encore du support de l’équipe de Creaholic, dirigée par Elmar Mock (co-inventeur de la Swatch), André Klopfenstein et Marcel Aeschliman. Au total, une dizaine de personnes travaillent sur le projet.

La société vise-t-elle les pays en voie de développement? «Oui, dans l’absolu, mais nous voulons d’abord nous concentrer sur les pays occidentaux. Par la suite, nous viserons certainement d’autres pays et élargirons le nombre d’applications avec, pourquoi pas, des visées dans le lavage des sols ou de l’agriculture», prévoit Denis Crottet.

«Il est également possible d’intégrer un savon antiseptique pour toucher ainsi le marché des hôpitaux»

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