Depuis le 1er mai de l'an dernier, le Britannique Peter Davis est aux commandes de SN Brussels Airlines, née de la faillite de Sabena en 2001. Aujourd'hui, la compagnie est détenue à 92% par SN Air Holding qui regroupe une cinquantaine d'entreprises privées belges et à 8% par SIC (Sabena Interservice Center). Sa mission: desservir l'Europe (47 destinations), l'Afrique (13) et les Etats-Unis à travers son partenaire American Airlines. Son réseau européen au départ de Bruxelles propose plus de 285 vols par jour, principalement remplis de passagers point à point, «bien plus rentables que ceux en transit uniquement», souligne Peter Davis, de passage vendredi à Genève. La compagnie vient d'ailleurs de décider d'ouvrir deux liaisons quotidiennes vers London Gatwick depuis Bruxelles pour palier le vide que laissera British Airways dès septembre.

La compagnie prévoit le remplacement d'une partie de sa flotte, mais pas avant 2006. «Nous n'avons pas encore commencé les négociations, assure Peter Davis. Mais cela ne sera pas difficile de trouver des appareils à louer.» Pour l'heure, sa flotte européenne est composée de 6 BAE146, 14 Avro RJ85, 12 Avro RJ 100 et 3 Airbus 319, tandis que ses appareils destinés à l'Afrique sont 3 Airbus 330-300.

SN Brussels suit une stratégie solitaire. Elle préfère la solution d'accord en code-sharing avec aujourd'hui 12 compagnies aériennes. «Nous n'envisageons pas de modifier notre position qui nous permet d'être flexibles, assure Peter Davis. D'ailleurs, c'est davantage une question de marketing qu'une réelle plus-value que de faire partie d'une des trois grandes alliances (Star Alliance, Skyteam ou Oneworld, ndlr) pour une compagnie de notre taille.»

Comme toutes les compagnies aériennes, SN Brussels Airlines souffre de la mauvaise conjoncture. Au premier semestre, elle a enregistré des pertes opérationnelles de 25 millions d'euros, alors qu'elle avait prévu d'en perdre seulement 5 millions. Cette année, elle s'attend à une perte totale de 35 millions. La compagnie belge, qui n'est pas cotée en Bourse – et qui n'entend pas ouvrir son capital prochainement –, ne donne pas davantage de détails financiers. Elle dit seulement avoir renouvelé ses contrats de couverture (hedge) à 75% contre les variations du prix du kérosène et du dollar.

Comment SN Brussels Airlines a-t-elle pu faire oublier Sabena aux Belges? «Ce n'est pas parce que nous sommes SN Brussels Airlines que nos clients se sont précipités dans nos avions, explique Davis Peter. Nous avons dû séduire notre clientèle, sans dévier de notre stratégie initiale, mais en adaptant notre tactique aux changements rapides du marché.»