Le commerce électronique séduit un nombre grandissant d'entreprises et les achats par Internet se multiplient. Les sites se ressemblent et, pour faire des affaires, les commerçants en ligne sont contraints de mieux vendre que leur voisin. Dans ce contexte, la publicité et le marketing sur Internet prennent toute leur importance. C'est justement la spécialité de e-centives. Cette jeune entreprise américaine, qui développe des infrastructures pour le marketing sur Internet, va faire son entrée sur le Nouveau Marché de la Bourse suisse, vraisemblablement le 14 septembre. Vraisemblablement, car la société, enregistrée aux Etats-Unis, doit également attendre le feu vert du gendarme de la Bourse américaine, et la cotation sur le marché suisse pourrait être retardée de quelques jours.

e-centives procédera à une augmentation de capital: 3,7 millions de titres seront mis sur le marché et à l'issue de l'entrée en Bourse, 24,4% des actions devraient être en main du public. La fourchette de prix a été fixée entre 17 et 19 francs par action. La procédure de souscription aura lieu du 6 au 12 septembre, date à laquelle le prix d'émission de l'action sera fixé.

e-centives a été créée en 1996. Elle offre toute l'infrastructure nécessaire à ses partenaires, portails Internet ou commerçants, pour qu'ils puissent délivrer une offre ciblée à leur clientèle. «Les commerçants sur le Net doivent combattre pour garder leurs clients et e-centives est une de leurs armes», note Dadi Akhavan, chief operating officer. Plus concrètement, les internautes, «appâtés» par des offres spéciales, sont conviés à remplir un questionnaire. Ils entrent ainsi dans une base de données tenue par e-centives, qui leur enverra par la suite des offres ciblées pour le compte de ses clients. Les consommateurs peuvent obtenir ces incitations par e-mail ou en visitant directement le site des partenaires d'e-centives. La société américaine dispose actuellement d'une base de données de 4,3 millions de membres et travaille avec 15 partenaires parmi les principaux portails Internet. e-centives permet ainsi à ses partenaires de mieux cibler leur clientèle. Elle contribue également à la fidélisation des internautes qui fréquentent un site et les pousse à acquérir la marchandise. Actuellement, seuls 2% des gens qui vont sur un site achètent le produit proposé.

e-centives tire ses profits de montants prélevés sur chaque offre spéciale qu'il délivre. Autre source de revenus: l'envoi de courriers électroniques proposant des rabais pour le compte de commerçants. La société a dégagé ses premiers revenus (200 000 dollars) au troisième trimestre 1999. En 1999, le chiffre d'affaires était de 0,74 million de dollars pour une perte de 16,7 millions de dollars. Au deuxième trimestre de cette année, le chiffre d'affaires a atteint 2,2 millions de dollars. Selon la Banque Pictet & Cie, le seuil de rentabilité devrait être atteint en 2002.

La compagnie devrait retirer près de 70 millions de francs de son entrée en Bourse. Elle compte ainsi développer sa technologie, engager des employés et assurer la bonne marche des affaires. Cet argent frais lui permettra également de se développer en Europe et de lancer de nouveaux produits, par exemple un service d'informations locales sur téléphone mobile. Il faut souligner que la société américaine est un investissement risqué qui s'adresse principalement aux institutionnels, a indiqué Peter Friedli, directeur de New Venturetec, société de capital-risque et principal actionnaire de e-centives.