Diversification

La société financière d’Alexandre Col fusionne avec Hottinger Luxembourg

L’ancien responsable de la multigestion alternative de Rothschild ajoute un troisième métier dans son entreprise Iteram, en plus de l’asset management et de l’immobilier. Deux milliards de francs d’avoirs sont gérés ou administrés par le groupe

Deux ans après avoir lancé sa société Iteram, Alexandre Col acquiert la société bancaire Hottinger & Cie au Luxembourg. L’ancien responsable de la multigestion chez Edmond de Rothschild à Genève ajoute ainsi l’activité de gestion de fortune aux deux lignes métiers déjà en place, à savoir la multigestion alternative et l’immobilier. Son groupe, basé entre le Luxembourg et Genève, gère environ un milliard de francs d’actifs, et administre un autre milliard.

«Finalement, je reproduis l’architecture ouverte que j’ai connue chez Rothschild, avec plusieurs activités indépendantes sous un même toit», explique Alexandre Col, que Le Temps a rencontré dans ses bureaux genevois. Côté gestion de fonds, asset management ou structuration de produits, Iteram compte 23 employés.

Distincte de la banque Hottinger en faillite

La fusion avec Hottinger Luxembourg apportera dix collaborateurs supplémentaires et une masse sous gestion de l’ordre de 350 millions d’euros dans la gestion de fortune privée, avec des clients majoritairement européens. Acquis pour un prix non dévoilé, l’établissement est une sorte de cousin germain de la banque suisse Hottinger & Cie, tombée en faillite en octobre 2015. Les deux structures se sont séparées en 2012, même si des membres de la famille sont actifs dans les deux pays.

Frédéric Hottinger, le propriétaire, demeure actionnaire et rejoint le conseil d’administration d’Iteram Investments. Toujours dans la gestion de fortune, «nous avons une volonté de croissance et donc d’offrir une plateforme pour les gestionnaires indépendants à la recherche d’une structure bien établie et multiservice», précise Alexandre Col, 53 ans.

Lancée en 2015, l’activité immobilière du groupe est effectuée depuis Genève et veut permettre à des investisseurs suisses de se positionner dans le reste du monde. Aux Etats-Unis, en Espagne et en Italie pour le moment, via des filiales locales, précise le responsable du pôle immobilier, Jaume Sabater, qui supervise 35 personnes globalement, dont 15 à Genève.

Le scénario américain

Aux Etats-Unis, «nous investissons uniquement dans de grands complexes d’appartements loués par des familles relativement modestes, avec un loyer moyen de 800 dollars par mois, et situés dans des villes de taille moyenne, qui comptent entre 500 000 et 1 million d’habitants», explique l’ancien gérant de la Sicav immobilière d’Edmond de Rothschild. Car le segment résidentiel est plus stable, les prix d’acquisition sont intéressants, tandis que la croissance économique et démographique devrait soutenir une hausse des loyers.

L’élection de Trump a-t-elle influencé cette stratégie? Non, car elle a été décidée en 2015, donc avant l’élection présidentielle américaine, «mais si Trump prend soin des classes sociales qui l’ont élu, notre portefeuille, actuellement valorisé à 700 millions de dollars, gagnera en valeur», ajoute Alexandre Col.

Renouveau espagnol

Le scénario est différent en Espagne, où le marché immobilier connaît un renouveau après les ajustements effectués dans les années 2010-2013. «Nous sommes actifs dans la promotion immobilière, dans le résidentiel et dans les grandes villes, sur tous les segments de prix, selon les opportunités, reprend Jaume Sabater. La demande est réapparue dans les grandes villes en 2013-2014 et les banques prêtent de nouveau à des conditions proches de celles en vigueur en Suisse, après avoir beaucoup amélioré leur bilan.» La société a piloté une quarantaine de promotions pour une valeur totale d’environ 400 millions d’euros, selon ses dirigeants.

Début avril, la Banque d’Espagne avait révisé à la hausse sa prévision de croissance du PIB, à 2,8%, contre 2,5% estimé mi-décembre. «L’activité a montré dans les premiers mois de 2017 un comportement plus favorable que celui anticipé en décembre», avait expliqué la banque centrale dans un communiqué. En 2016, le PIB espagnol a progressé de 3,2%, soit le double de la moyenne de la zone euro.

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