Malgré une assemblée générale mouvementée, la Société Générale de Surveillance (SGS) intéresse toujours autant les investisseurs institutionnels. Le groupe genevois qui occupe la position de leader mondial dans le domaine de l'inspection, de la vérification et de l'analyse est un titre très convoité à la Bourse suisse et ce dans des volumes très conséquents. D'ailleurs, au cours du second trimestre, le titre au porteur de la SGS a fait la meilleure progression des titres du Swiss Market Index (SMI). Avec une progression de 32,1% l'action a nettement surperformé l'indice qui a perdu 1,6% entre le 30 mars et le 30 juin de cette année. Jeudi le titre a gagné 16 francs à 1775 pour un volume de 7613 transactions.

Finalisation en cours

«Cette année, les premiers signes de reprise sont encourageants note Pierre Tissot, analyste auprès de la banque privée genevoise Lombard Odier & Cie». Avec la fermeté du dollar, le rebond du prix du pétrole et l'embellie conjoncturelle en Asie, ce sont autant de facteurs favorables au groupe précise l'analyste financier. Il constate, en outre, que l'objectif fixé par le management, à savoir un bénéfice net de 1999 hors éléments extraordinaires entre 75 et 100 millions de francs suisses, «devrait être atteint sans trop de problèmes». Pierre Tissot estime même que le produit des désinvestissements devrait s'élever entre 700 et 800 millions de francs au total et dégager un gain comptable proche de 500 millions.

Il faut dire que le marché attend, avec une certaine impatience, la concrétisation du premier désinvestissement que le groupe genevois avait annoncé à la fin de l'année dernière lorsque la nouvelle équipe dirigeante avait présenté le plan de restructuration du fleuron de l'économie genevoise. Selon diverses sources, la vente de SGS Services aux assurances est à bout touchant. Il ne reste plus qu'«à finaliser des points de détails» selon une source proche du dossier. Ce qui fait que l'annonce de la cession serait ainsi imminente... Quant aux activités de services liés à la santé et aux biosciences, le désinvestissement devrait intervenir en plusieurs étapes mais serait finalisé d'ici fin 1999 ou tout début 2000.

Après plus de six mois de sa mise en place, le plan de restructuration visant à remodeler la «nouvelle» SGS semble déjà porter ses fruits. Autant Pierre Tissot que Giorgio Cortiana, analyste de Banque Sal. Oppenhiem, le proclament. Pour sa part, Johannes Borner, analyste auprès de banque privée Pictet & Cie, est beaucoup moins optimiste, estimant que le titre a déjà fortement escompté dans son prix les désinvestissements prévus. Reste la question des contrats gouvernementaux. Pour la SGS, qui est le leader incontesté de ce domaine, avec une part du marché mondial de l'ordre de 70%, le combat est d'importance. L'avenir de ce segment dépend autant de la conjoncture mondiale que du renouvellement ou non de certains contrats. Le groupe est d'ailleurs toujours en discussion avec le gouvernement des Philippines pour renouveler le contrat qui arrive à échéance à la fin de cette année.

En outre, afin de ne pas subir les mêmes déconvenues qu'au Pakistan, le groupe a décidé de se doter d'un comité d'éthique dans lequel l'ancien secrétaire d'Etat aux affaires économique extérieures Franz Blankart jouera un rôle important. Pour l'instant le groupe genevois est entrain de terminer la rédaction d'une charte éthique qui devrait voir le jour cet été encore. Pourtant, Pierre Tissot se demande «si, dans un contexte ou l'étique ne peut pas être considéré comme une des vertus cardinales du commerce international, les principes rigoureux mis en place au sein de la SGS ne constitueront-ils pas un frein au bon développement de cette activité?»

Enfin, faisant échos à l'avis de certains investisseurs après les événements survenus lors de l'assemblée générale du 27 mai dernier, l'analyste de la banque privée genevoise estime que «plutôt que de disperser ses efforts dans des querelles juridiques coûteuses et à l'issue incertaine, le groupe gagnerait à se concentrer sur la marche des affaires». Du reste, la partie adverse a jusqu'à la fin du mois pour faire recours. Il semble d'ailleurs que plusieurs ripostes juridiques aient été étudiées. La SGS, ayant prévu de son côté différents scénarios...