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Private equity

La société genevoise ACE & Company a investi dans Uber et TransferWise

Lié au richissime Fouad Said, le spécialiste genevois du private equity se dévoile pour la première fois: il possède une masse sous gestion de 400 millions de dollars. Sa stratégie? Miser sur une grande diversité de cibles, mais éviter les technologies médicales et l’immobilier, explique Chris Kile, son directeur général

ACE & Company, basé à Genève, a misé sur Uber

Financement Le spécialiste du private equity possède une masse sous gestion de 400 millions de dollars

Sa stratégie? Miser sur une grande diversité de cibleset éviter l’immobilier

Le mois dernier, ACE & Company a vendu sa participation dans le fabricant de produits boulangers tunisien Moulin d’Or pour un montant non communiqué. «Une sortie réussie», assure Chris Kile, directeur général de la société d’investissement privé, basée à la rue du Rhône à Genève.

Leur nom n’est encore guère connu du grand public. Mais avec cette transaction, pour la première fois, ce spécialiste du private equity genevois lève le voile sur ses activités pour Le Temps. Celui-ci a été fondé en 2005 par Adam Said, fils du magnat Fouad Said – qui possède une fortune de plusieurs milliards –, Sherif Elhalwagy et Chris Kile. Tous trois se sont rencontrés lors de leurs études à Babson, près de Boston, et ont décidé de monter une structure d’investissement active à tous les stades de l’entreprise, que ce soit pour les start-up naissantes ou les sociétés en croissance.

«Nous travaillons avec des partenaires spécialisés comme Carlyle, Partners Group ou Abraaj pour couvrir les divers segments du private equity, y compris l’achat d’actifs sur le marché secondaire», détaille le dirigeant.

C’est fort d’une masse sous gestion de 400 millions de dollars qu’ACE & Company choisit ses cibles d’investissement. Son portefeuille compte aujourd’hui quelque 80 sociétés, dont une grande partie de start-up liées à la technologie, qu’elle déniche dans les incubateurs, comme Y-Combinator dans la Silicon Valley ou Seedcamp au Royaume-Uni.

Parmi les plus prometteuses figure par exemple Pebble, la société américaine qui propose des montres connectées. «Nous sommes parmi les trois investisseurs de départ, avant que la société ne réussisse ses deux campagnes de levées de fonds sur la plateforme Kickstarter», précise Chris Kile.

ACE & Company a également injecté des fonds dans Uber, la société américaine qui révolutionne le monde des taxis, via de la dette convertible. «Pour Uber, comme pour TransferWise [compagnie britannique proposant des transferts d’argent à l’étranger, évaluée à un milliard de dollars], notre investissement intervient plus tard. Le risque est réduit, mais le retour financier, bien que moins élevé, reste intéressant», souligne le spécialiste.

Côté chiffres, ACE & Company reste discrète sur ses performances financières et la rentabilité de ses investissements. «Les cinq premières années, nous avons surtout bâti la stratégie mais, depuis deux à trois ans, nous sommes en forte croissance», assure le jeune directeur général de 31 ans.

Egalement présente à New York, Hongkong et Londres, la société, qui compte une trentaine de collaborateurs, a récemment ouvert une antenne en Egypte. Elle se plonge également de plus en plus dans les économies émergentes. «Par exemple, en Birmanie, il n’y a pas encore de marché public, mais nous avons forgé une opportunité via un fonds qui investit là-bas», détaille Chris Kile, qui boucle par ailleurs ces jours-ci une transaction helvétique. La société a aussi bien misé sur un réseau social dédié au foot en France que sur une des plus grandes sociétés de publicité chinoises, mais elle se refuse, par décision stratégique, à toucher aux technologies médicales et à l’immobilier.

Si ACE & Company communique aujourd’hui davantage, c’est «parce que la concurrence est bien présente, il est donc important d’être visible, notamment pour être reconnu par les grands du capital-investissement, qui sont nos partenaires de choix», conclut le dirigeant. La société emménagera tantôt dans d’autres locaux, toujours à la rue du Rhône, pour offrir plus d’espace à ses 12 collaborateurs genevois. Uber lance à Genève son service de transport haut de gamme Uberblack, a indiqué mercredi l’entreprise californienne dans un communiqué. Ce service est accessible à partir de son application. (LT)

Le portefeuille compte quelque 80 sociétés, dont une grande partie de start-upliées à la technologie

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