Cybersécurité

La société genevoise WiseKey perd 51% pour son début en bourse

Le spécialiste de la sécurité informatique a raté ses premiers pas sur le marché. Une entrée attendue depuis 2005

WiseKey attendait son entrée en bourse depuis plus de dix ans. Lancé jeudi matin à 12 francs, le cours de son action a clôturé la session à 5,87 francs. Un effondrement de 51% pour le spécialiste genevois de la sécurité informatique. Lumière sur l’entreprise à l’occasion de son entrée sur le marché, annoncée puis repoussée en 2005, 2008 et 2012.

1. Que fait WiseKey?

Fondé en 1999, l’entreprise est active dans la sécurisation des objets connectés, des transactions numériques et la certification des marques. A ce dernier titre, elle fournit par exemple les cartes électroniques d’Hublot permettant d’attester l’origine des produits de l’horloger. Dernièrement, WiseKey a annoncé collaborer avec Bulgari et Mastercard dans le développement d’une montre connectée permettant d’effectuer des paiements sans contact, d’ouvrir des coffres-forts ou même des portes.

2. Qui sont ses clients?

La société réalise la majorité de ses 3,5 millions de francs (estimation du chiffre d’affaires 2015 encore non communiqué) de revenu dans le secteur du luxe. Elle travaille avec les déjà nommés Hublot et Bulgari mais aussi Dior ou l’horloger neuchâtelois HYT. En outre, elle dispose également de partenariats avec les clubs sportifs du FC Barcelone ou de Flamengo ainsi qu’avec la sélection suisse de football ou l’acteur Kevin Spacey pour le développement de plateformes numériques. WiseKey revendique la couverture d’une centaine de pays.

3. Pourquoi entrer en bourse?

Depuis dix ans, la cotation de WiseKey était annoncée régulièrement. Des tentatives avortées que Carlos Moreira attribue à la crise de 2008 et à une conjoncture défavorable. «En Suisse, il n’y a pas eu d’entrée en bourse d’entreprises technologiques depuis 10 ans. Mais dans le secteur de la cybersécurité, la cotation permet de rassurer les investisseurs quant à la nature et composition de l’entreprise», explique l’expert en technologies de l’information. La levée de fonds doit aussi permettre à WiseKey de chercher de nouvelles opportunités d’investissement dans un marché appelé à se consolider: «Je n’aspire pas forcément à racheter des concurrents, mais plutôt des fournisseurs de puces téléphoniques. Des objets encore peu sécurisés. Nous sommes présents sur le cryptage, la protection du cloud ou l’identification. L’objectif est de contrôler 100% de la chaîne de production.»

4. Combien vaut WiseKey?

Initialement, l’entreprise visait une valorisation de 220 millions de francs. Les investisseurs ne l’ont pas vu du même œil à l’occasion de l’entrée en bourse. Selon les chiffres publiés pour l’occasion, la société genevoise, enregistrée à Zoug, n’a dégagé aucun bénéfice depuis 2012, première année pour laquelle elle publie ses chiffres. Au premier semestre 2015, l’entreprise a perdu 5 millions de dollars, contre 30 sur la même période en 2014. Elle a généré un chiffre d’affaires de 1,5 million de francs, en léger recul par rapport à l’année précédente. Mais en 2016, lorsque ses activités américaines seront consolidées, WiseKey projette un chiffre d’affaires de «minimum 40 millions de francs», assure son directeur.

5. Quelles sont les perspectives?

Dans le courant de l’année, WiseKey proposera aussi ponctuellement ses actions sur le Nasdaq américain (opérations d’ADR). Par ailleurs, Carlos Moreira estime que 2016 sera un tournant pour l’internet des objets (IoT, selon son acronyme anglais), un secteur dont la «croissance n’est pas encore monétisable. Nous aurions pu rester dans le luxe. Mais nous avons décidé de devenir une entreprise technologique. Les chiffres ne reflètent pas encore nos investissements».

Globalement, le marché IoT devrait doubler d’ici 2020 pour atteindre 1700 milliards de dollars, selon le cabinet de recherche IDC.

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