Six ans après sa création, la société lausannoise Lysis s'apprête à entrer en Bourse. L'IPO (Initial Public Offering) pourrait avoir lieu sur le Nasdaq dans le courant de l'an 2000, voire 2001. Mais un double listing n'est pas exclu, les perspectives offertes par le Nouveau Marché suisse ou le Neue Markt allemand étant également intéressantes. Avec 80 employés et un chiffre d'affaires en croissance annuelle de 100%, Lysis, fournisseur de logiciels pour la TV numérique (on trouve parmi ses clients des noms tels que NTL, Mediakabel, Telefonica, Philippines Long Distance Telephone ou Americast), a pleinement profité du passage de l'analogique au numérique. Déjà financé par HPI en 1996 à hauteur de 3 millions de francs, Lysis lève actuellement des fonds, d'un montant total de 15 millions de francs. Entretien avec son président, Alexandre Tzonis, et David Fenand, general counsel en charge de l'IPO.

Le Temps: Vous avez l'intention de lever 15 millions afin de financer votre entrée en Bourse. De quelle manière le ferez-vous?

David Fenand: Nous ferons intervenir plusieurs sociétés de capital-risque basées en Europe, aux Etats-Unis et/ou en Asie. Le nom des parties signataires au contrat et les montants investis seront gardés confidentiels jusqu'à ce que le round soit bouclé. Nous nous attachons à choisir des sociétés de capital-risque qui ont la meilleure plus-value en termes financiers bien sûr, mais également humains, la dilution des actuels actionnaires n'étant pas le seul paramètre à considérer. Nous travaillerons donc avec plusieurs acteurs, complémentaires ou actifs sur plusieurs marchés. Un partenaire asiatique, par exemple, nous aidera à pénétrer dans ces marchés. L'objectif de ce financement est de favoriser notre croissance et une plus grande expansion à l'étranger.

– Quand choisirez-vous le marché sur lequel vous comptez faire votre listing?

David Fenand: Nous désirons faire notre IPO dans les délais les plus brefs, mais pas à n'importe quel moment. Ce sera dans le courant de l'année 2000, voire 2001. Le choix du marché ne se fera que quelques mois avant l'entrée en Bourse. Celui qui nous intéresse actuellement est le Nasdaq en raison de sa liquidité et du fait que nous avons déjà des partenaires aux Etats-Unis. Un double listing n'est pas exclu sur le Nouveau Marché suisse, où la première mise en Bourse avec Biomarin a eu lieu il y a quelques semaines. Encore faut-il mesurer son efficience, sa liquidité et les acteurs financiers qui la composent. D'un autre côté, le Neue Markt allemand est jeune et a fait une percée extraordinaire. L'Allemagne est un poids lourd économique en Europe et elle vient de créer un marché qui compte plus de 60 sociétés cotées et qui attire l'attention des investisseurs. Les Etats-Unis ne sont donc pas les seuls à offrir des perspectives intéressantes.

– Vers quels marchés pensez-vous continuer votre expansion?

Alexandre Tzonis: Les Etats-Unis et l'Asie sont nos deux marchés de prédilection. Notre premier contrat dans le domaine de la télévision digitale a eu lieu aux Etats-Unis. Aujourd'hui, nous devons nous renforcer sur ce marché en développant notre partie commerciale, nos activités de support et de «project management». Sur la côte Est, aussi bien que sur la côte Ouest. La demande en Asie est également très forte dans la télévision digitale, l'Internet et la téléphonie mobile. Mais au contraire des Etats-Unis où le marché est régulé et le nombre de satellites limité, la concurrence est plus agressive et la demande plus forte en Asie et en Europe.

– Vous avez créé un joint-venture avec la société Kudelski dans la radio il y a cinq ans. Qu'en est-il actuellement?

David Fenand: En créant Nagra Lysis, notre but était de mettre sur pied une société commune active dans le marché de la radio. Mais le marché de la radio était plus lent et moins volumineux en termes de chiffre d'affaires que celui de la télévision. Les deux partenaires ont réalisé qu'il valait mieux se concentrer sur le marché de la télévision de manière indépendante.

Alexandre Tzonis: Nous avons une bonne connaissance de la télévision d'«entertainment», surtout dans la diffusion numérique à travers le Net. Le marché, très porteur du fait de la convergence entre la télévision, le PC et le téléphone mobile, est en train d'exploser. D'où ce besoin d'un nouveau round de financement afin de mieux nous développer, accroître notre compétitivité et peut-être faire des acquisitions.