Un montant record obtenu en quelques mois de négociations. La société lausannoise Nexthink a en effet levé 40 millions de dollars pour financer sa croissance. L’éditeur de logiciels a convaincu le fonds de capital-risque genevois Highland Europe. Le fonds de famille Bertarelli Waypoint ainsi qu’Auriga Partners et Galeo Ventures ont aussi participé à l’opération. Depuis sa création en 2004, l’entreprise, née d’un projet de recherche en intelligence artificielle développé au sein de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, a ainsi levé la somme de 65 millions de dollars.

Active depuis le Centre Malley-Lumière à Lausanne, au-dessus d’un centre commercial et de salles de cinéma, Nexthink a également annoncé l’ouverture de son nouveau siège social à Boston où sont désormais pilotées les opérations commerciales pour le continent américain. Le siège mondial restera toutefois ancré à Lausanne où sont actives 120 personnes sur les 220 que compte le groupe.

Des effectifs en hausse constante

Les effectifs ne cessent d’augmenter chez Nexthink. Il y a une année, 140 personnes travaillaient pour cette entreprise. «D’ici trois à cinq ans, nous devrions compter entre 600 à 700 employés, dont 350 ici à Lausanne. Plus de la moitié d’entre eux viennent de l’étranger», précise Pedro Bados, le co-fondateur et directeur de Nexthink qui espère faire suffisamment croître sa société pour qu’elle soit en mesure de favoriser l’écosystème romand dans le domaine de l’édition de logiciels. A part Elca, Swissquote ou Logitech, peu de sociétés sont actives dans ce secteur dans l’Arc lémanique. Les grands du secteur, comme Microsoft, IBM, HP ou Google, sont tous aux Etats-Unis.

Un choix: rester à Lausanne

Pedro Bados doit recruter à l’étranger pour trouver les spécialistes qu’il recherche. «Ce n’est pas évident de trouver des ingénieurs dans la région, avec une dizaine années d’expérience dans les logiciels. Nous devons les débaucher aux Etats-Unis, par exemple chez Google ou Microsoft. Heureusement que le canton de Vaud est très flexible en ce qui concerne l’octroi de permis de travail pour les personnes hors de l’Union européenne», précise l’entrepreneur de 36 ans qui a grandi dans le nord de l’Espagne. Il tient absolument à maintenir toutes ses équipes à Lausanne même si lui-même pourrait être amené à déménager aux Etats-Unis. «Je veux démontrer qu’il est possible de créer les meilleures technologies en Europe dans le domaine de l’IT. Il n’est pas question d’externaliser ailleurs pour des questions de coûts», dit avec conviction celui qui a créé Nexthink, à l’âge de 25 ans seulement.

Un objectif: 100 millions de dollars de chiffre d'affaires

D’ici trois à cinq ans, l’entreprise s’est fixée comme objectif de réaliser un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars. En 2015, l’entreprise a enregistré une croissance annuelle record de plus de 50%. Ses solutions sont utilisés par plus de 650 clients, à l’exemple de la Migros, des HUG ou du cabinet de conseil et d’audit PWC. La technologie offre aux équipes informatiques une vision en temps réel et de bout-en-bout de toute l’activité opérationnelle du système d’information et des usages sur les terminaux des utilisateurs. «Cette approche, basée sur les données analytiques provenant des postes de travail, permet aux équipes de support de réduire de 30% le nombre d’incidents rencontrés par les utilisateurs, tout en détectant d’éventuelles failles de sécurité sur plusieurs milliers de postes en l’espace de quelques secondes», précise Pedro Bados.

L’objectif de Nexthink et des investisseurs qui la financent, est de positionner la société vers une croissance suffisamment importante pour qu’elle entre en bourse d’ici trois à cinq ans, très certainement au Nasdaq. Pourquoi choisir les Etats-Unis? «La société y serait mieux valorisée. Les investisseurs comprennent mieux notre secteur d’activité, à savoir le développement de logiciels», explique Pedro Bados qui cherche également à se renforcer sur ce marché.


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