Après une entrée en fanfare sur le Nouveau Marché de Zurich en mars 2000, la performance boursière de l'entreprise de logiciels zurichoise Think Tools a commencé à s'effriter en septembre. Soit à l'expiration du délai de six mois fixé pour la prohibition de la vente des actions pour l'équipe de direction. Conséquence: le revers boursier fait maintenant voler en éclats la nouvelle équipe de direction de Think Tools. Arrivé à fin novembre seulement, le président du directoire, Serge Roux-Levrat (37 ans), un ancien de Zurich Financial Services, quitte en effet la société. De plus, Albrecht von Müller (46 ans), le fondateur munichois et actionnaire principal de Think Tools renonce à son mandat de président du conseil d'administration, pour se concentrer désormais à la recherche.

Mesure qui devrait rassurer le marché

Donc sur le métier essentiel de Think Tools: le développement de logiciels de «knowledge management» ou de gestion des connaissances pour les entreprises et des collectivités. Le communiqué diffusé vendredi par la société zurichoise précise toutefois que Albrecht von Müller continuera de siéger au conseil d'administration de Think Tools.

Le nouveau président du conseil d'administration sera nommé par l'assemblée générale du 8 mai prochain. En attendant, c'est Thomas Schmidheiny, le patron du groupe cimentier Holderbank, et client de la première heure de Think Tools, qui en a été nommé vice-président. Une mesure qui devrait contribuer à rassurer le marché. S'agissant du futur président de la direction, Think Tools précise qu'il «sera nommé «au moment opportun». D'ici là, la direction opérationnelle sera placée sous la responsabilité conjointe du responsable des activités au jour le jour (COO), Christian Neugebauer, lequel vient de Xerox, ainsi que du porte-parole, Sean Cleary.

Un changement qui intervient alors que l'action Think Tools affiche la moins bonne performance du Nouveau Marché suisse. Le titre a en effet chuté de plus de 42% depuis le début de l'année, et de plus de 77% en six mois. Un parcours d'autant plus décevant qu'il avait commencé sur les chapeaux de roues. A son premier jour de cotation, en mars 2000, l'action Think Tools avait en effet plus que triplé sa valeur sur son prix d'émission de 270 francs, valorisant ainsi la société à plus de 2 milliards de francs. Un niveau astronomique si l'on considère que Think Tools n'avait enregistré qu'un chiffre d'affaires de 10,6 millions de francs en 1999. Avec, il est vrai, une forte rentabilité opérationnelle (marge de 50%) et une croissance de l'ordre de 100%. A un cours de 190 francs, l'action Think Tools se traitait donc vendredi 30% en dessous de son prix d'émission. De quoi indisposer les investisseurs, même si ce ne sont pas encore les résultats opérationnels de la société qui sont directement en cause.

Clients de choix

Le début boursier en fanfare de Think Tools s'expliquait notamment par la liste impressionnante de bonnes fées qui s'étaient penchées sur son berceau. Pami ses actionnaires, figuraient notamment Thomas Schmidheiny, le capital-risqueur Peter Friedli, président de New Venturetec, l'ancien président de la Confédération Flavio Cotti, ainsi que Klaus Schwab, le fondateur du World Economic Forum de Davos. Le Forum de Davos 1997 avait d'ailleurs servi de véritable tremplin pour la promotion de Think Tools, une société qui compte parmi ses clients, le Pentagone, l'ONU ainsi que des grands groupes tels que Bayer ou Siemens.

Si la vente notamment par le précédent président de la direction, Marc-Lilo Lube, d'une grande partie de ses actions Think Tools explique en partie la contre-performance du titre, reste à savoir si la décision de Albrecht von Müller, de Klaus Schwab, de Thomas Schmidheiny et de Peter Friedli de prolonger de six mois la période de blocage de leurs actions suffira à redynamiser l'évolution boursière d'une société dont la capitalisation dépasse encore 450 millions de francs.