cosmétiques

La société vaudoise Valmont acquiert la parfumeuse du pape

L’entreprise s’empare de l’italienne Il Profumo

Dans son univers, c’est une vedette, même si elle abhorre le qualificatif et aspire plutôt à la discrétion. Silvana Casoli, connue entre autres pour la création de parfums exclusifs pour stars et célébrités – comme Madonna, Sting, Sarah Jessica Parker, le roi d’Espagne Juan Carlos et récemment le pape Benoît XVI –, s’est rapprochée de la Suisse. La société vaudoise Valmont vient de racheter l’entreprise de parfum Il Profumo, fondée par la créatrice italienne. Aucun détail financier n’a été dévoilé.

«Le contrat de vente a été signé lundi. Pour nous, il s’agit d’une diversification très importante. Mais cela va bien au-delà, ne serait-ce qu’au niveau de la complicité qui est née avec Silvana Casoli», a confié mardi au Temps Didier Guillon, président de Valmont Group, basé à Morges et jusqu’à présent essentiellement actif dans les cosmétiques. Petite structure indépendante sise à Reggio d’Emilie, pas loin de Parme, et employant une vingtaine de personnes, Il Profumo va entrer dans une nouvelle dimension, sans renier son approche de niche. Elle bénéficiera désormais du réseau de Valmont, présent dans 40 marchés avec 3000 points de vente. «Nous nous donnons dix ans pour réussir. L’objectif est d’atteindre une part de 20% de notre chiffre d’affaires avec la parfumerie», détaille Didier Guillon. Soit environ 10 millions de francs sur la base des ventes actuelles de Valmont (50 millions).

Accents et senteurs d’Italie

La commercialisation des parfums sera à l’opposé de ce que font des grands groupes comme Marionnaud, qui «ont détruit l’esprit de la distribution», selon le président. «Il faut retrouver de l’émotion, de la proximité avec les clients», assure Didier Guillon, qui avoue être littéralement tombé amoureux des créations de Silvana Casoli. «C’est une jolie marque aux accents de l’Italie, avec un savoir-faire pointu. C’est une sorte de Patek Philippe de la parfumerie», d’après lui. De plus, cela prouve que l’on peut mener en Suisse, en tant que chef d’entreprise, une bataille économique au niveau mondial en s’appuyant sur des valeurs familiales et sociales, loin des stratégies des grands groupes cotés, poursuit le patron.

Silvana Casoli, présente hier à Morges, est quant à elle intarissable sur les parfums, le processus de création ou encore l’importance de l’olfactif. «Je puise mon inspiration dans la nature: dans un buisson, dans une fleur qui éclôt près du musc persistant, dans la mousse qui, au pied d’un chêne, recouvre et protège un cyclamen sauvage. Les lieux lointains, les déserts et les vents m’appellent», confie-t-elle. Une démarche jusqu’au-boutiste qui s’illustre aussi par la création de parfums sur mesure. «Qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le cœur de l’humanité», écrivait Patrick Süskind dans Le Parfum.

Pour Valmont, il ne s’agit que d’une étape. D’autres devraient suivre, par fusion ou rapprochement. La marque de cosmétiques collabore ainsi avec le designer horloger Rodolphe Cattin. «Il se peut que, dans quelques années, nous ayons une collection de montres Valmont by Rodolphe», glisse Didier Guillon.

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