Les sociétés immobilières cotées en Suisse affichent une progression de 50% en deux ans. Chaque fois que l'on achète aujourd'hui un morceau d'immeuble valant 100 francs, on le paie en moyenne 106 francs en Bourse. Pourquoi accepter de payer cette prime de six francs? A cause des dividendes. Leur rendement est en moyenne de 3,8%, selon les calculs d'Eric Güller, analyste chez Credit Suisse qui vient de rédiger une étude sur le sujet.

Cette prime reste bien inférieure aux 21 francs que l'on paye en achetant un fonds immobilier. C'est logique. Ces derniers sont centrés sur les appartements, un secteur porteur, alors que les sociétés immobilières cotées possèdent une majorité de bureaux, une branche sinistrée. Ils sont souvent à Zurich. Les deux sociétés qui ont le plus de logements, Warteck (32% du portefeuille) et Allreal (19%), sont aussi celles qui affichent les primes les plus élevées, de 24% et 17%.

Parmi les trois grandes, PSP Swiss Property, Swiss Prime Site et Allreal, c'est la première d'entre elles qui est le plus appréciée des analystes. «Elle est solidement capitalisée, ses fonds propres s'élèvent à 54% du bilan», note Armin Rechberger, analyste à la Banque cantonale de Zurich. «Le titre offre la liquidité et la capitalisation la plus élevée», ajoute Eric Güller. Toutefois, l'analyste recommande seulement de garder le titre, et non pas de l'acheter. Il entrevoit un possible relèvement du dividende. En effet, la société conserve actuellement dans ses comptes une part élevée de son bénéfice. «Elle pourrait procéder à un remboursement d'une partie de la valeur nominative de son action», une opération fiscalement intéressante. PSP souffre toutefois de sa forte exposition sur le marché des bureaux zurichois (60% de ses actifs sont dans ce canton).

Allreal vient de réévaluer en baisse de 0,5% ses immeubles. Ainsi, elle tient compte de l'augmentation de ses surfaces commerciales vacantes et de la baisse des loyers sur les nouveaux baux. Un mouvement qui pourrait être suivi par ses concurrentes.