Le Temps: A écouter vos récents discours, l'industrie genevoise est de retour. Qu'entendez-vous par là?

Jean-Luc Favre: Je suis actif dans ce domaine depuis 1992 sur Genève et j'ai donc connu les difficultés des années 90. Les entreprises, et ABB Sécheron en est un bon exemple, ont été amenées à se restructurer. Nous constatons aujourd'hui que les options qui ont été prises ont été les bonnes. La preuve? Aujourd'hui, ces sociétés sont dynamiques, entreprenantes et elles exportent. Autre signe: environ 400 emplois ont été créés par les entreprises membres de l'UIG ces trois dernières années. Genève se réindustrialise.

- Les entreprises sont donc mieux armées pour faire face aux baisses conjoncturelles?

- Tout à fait. Ce sont des entreprises de taille moyenne qui doivent innover et être agiles. Et elles le sont. Elles sont compétitives au niveau international, avec une structure de coûts adaptée, et beaucoup sont leaders pour au moins un de leur produits sur le marché international.

- En tant que directeur général d'ABB Sécheron, vous dirigez une grande entreprise. Pensez-vous aussi pouvoir représenter les petites sociétés familiales?

- Nous faisons certes partie d'un grand groupe, mais nous avons également une culture propre qui nous attache fortement à la région. Les conditions-cadres sont plutôt favorables à Genève, mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers si nous avons l'ambition de progresser.

- Quelles sont vos priorités d'action?

- Les zones industrielles, la formation, la mobilité et le logement! Les entreprises ont besoin de place, de collaborateurs bien formés et d'infrastructures performantes. Même s'il existe une forte activité de négoce, nous n'allons pas influencer le prix du pétrole depuis Genève. Alors travaillons sur les sujets qui peuvent bouger, comme les prix de l'électricité. L'UIG réclame des tarifs plus bas. Nous souhaitons être une force de proposition pour le développement de notre région lémanique dans les cinq à dix prochaines années.