Prêts

SoFi veut devenir la fintech de l’élite américaine

La start-up américaine propose aux «prochains 5% », des ménages américains les plus riches, de refinancer leur prêt étudiant ou de financer l’achat d’une maison

C’est la nouvelle pépite de la fintech américaine. Fin février, SoFi a levé 500 millions de dollars supplémentaires auprès d’investisseurs, sur la base d’une valorisation supérieure à 4 milliards de dollars. Avec ce nouvel apport financier, la start-up basée à San Francisco ambitionne de se développer à l’international, d’abord en Australie et au Canada. Et aussi intensifier la diversification de son activité, au-delà des simples prêts sur Internet, un secteur qui rencontre des difficultés.

Il y a deux ans, la jeune pousse avait déjà recueilli un milliard de dollars, apportés notamment par le groupe japonais Softbank. Lancée en 2011 sous le nom de Social Finance, elle s’est d’abord spécialisée dans le refinancement des prêts étudiants. En offrant des taux inférieurs, elle promet d’importantes économies. Pas moins de «288 dollars en moyenne par mois», assure-t-elle sur son site internet.

Marché de 1400 milliards de dollars aux Etats-Unis

Le marché est potentiellement immense. Frais de scolarité en hausse et bourses en baisse: l’encours de la dette étudiante dépasse désormais les 1400 milliards de dollars aux Etats-Unis. Et 44 millions d’Américains doivent actuellement rembourser les sommes empruntées pour financer leurs études.

Au fil des ans, SoFi a enrichi son offre. La société propose par exemple des prêts immobiliers et des prêts à la consommation. L’an passé, 8 milliards de dollars ont été empruntés sur sa plate-forme. Cela représente une hausse de 54% par rapport l’année précédente.

Diversification

SoFi se distingue ainsi de ses principaux concurrents, qui ont connu une année 2016 difficile. LendingClub, le pionnier des prêts sur Internet, s’est d’abord séparé de son patron. Puis a licencié 180 employés. Face à un repli de l’activité, les plans sociaux se sont multipliés: 28% des effectifs supprimés chez Prosper, 10% chez CommonBond et 40% chez Avant. «SoFi est désormais le leader du marché», souligne Matt Burton, directeur général du cabinet Orchad Platform.

Forte de sa croissance, la société veut conquérir de nouveaux horizons. «Nous voulons être le point central de votre vie financière», explique Mike Cagney, son cofondateur et directeur général. La start-up propose déjà de souscrire à une assurance vie ou d’utiliser des outils de gestion de patrimoine. Mais elle veut aller bien plus loin. Début février, elle a racheté la banque en ligne Zenbank pour 100 millions de dollars, afin d’offrir des services bancaires (épargne, paiements, virements…) à ses utilisateurs.

Fidéliser les clients

SoFi les appelle les Henry’s, pour «high earners, not rich yet» (personnes à haut revenu mais pas encore riches). Ou encore «les prochains 5%», en référence aux 5% des ménages américains les plus riches. Triés sur le volet, ils sont aujourd’hui 225 000. Selon l’agence de notation Moody’s, ils gagnent en moyenne plus de 170 000 dollars par an. La société tente de créer un club élitiste. Elle organise des cocktails, des dîners ou des ateliers d’aide à l’achat d’une maison. Elle propose aussi gratuitement des conseils de gestion de carrière ou dans la création d’entreprises.

Ce club doit permettre de contourner l’un des principaux problèmes des plates-formes de prêts sur Internet. Celles-ci dépensent beaucoup pour attirer de nouveaux clients, qui le plus souvent ne réalisent qu’un seul emprunt. En fidélisant ses membres, SoFi espère leur vendre plus tard d’autres produits financiers. Selon Mike Cagney, la moitié des prêts immobiliers sont ainsi contractés par des personnes qui avaient précédemment refinancé leur prêt étudiant sur la plate-forme.

Publicité