Prévoyance

Des solutions personnalisées pour l’ensemble du 2e pilier surobligatoire?

Le 2e pilier manque aujourd’hui cruellement de flexibilité pour s’adapter aux incertitudes économiques et aux aléas d’une carrière professionnelle moderne. Comment y remédier?

Dans le contexte économique et démographique actuel, les caisses de pension ne pourront éviter de réduire le taux de conversion dans la partie surobligatoire (salaire au-delà de 84’600 francs) et le niveau de couverture. Face à ces mesures collectives d’assainissement, des solutions individuelles s’imposent. Elles existent, et font même déjà leurs preuves auprès des assurés affiliés à un plan de prévoyance cadres de type 1e (salaire dépassant 126’900 francs). Plus flexible et sur mesure, ce modèle donne aux assurés le libre choix de la stratégie de placement, selon leurs besoins, leur profil de risque et leurs cycles de vie. Il renforce par ailleurs le système dans son ensemble grâce à une plus grande responsabilité individuelle de chaque assuré. Malgré les nombreux avantages d’une gestion personnalisée des avoirs de retraite, la loi n’autorise, à ce jour, cette possibilité qu’à une partie limitée du 2e pilier surobligatoire.

Stratégies orientées fonds ou titres individuels?

Les profils de stratégies orientés sur un benchmark ont affiché durant ces dix dernières années, incluant la crise de 2008, une performance moyenne annuelle de 3%. A cinq ans, la performance s’élève même à 5%. Les assurés possédant un patrimoine plus élevé peuvent également opter pour une stratégie avec titres individuels, dans le cadre d’un mandat de gestion de fortune auprès d’une banque partenaire. Un maximum de 50% du capital peut être investi en actions, le reste se répartissant entre immobilier, placements alternatifs et titres obligataires. Compte tenu de la baisse des taux d’intérêts généraux et du recul des obligations, mieux vaut s’orienter vers des échéances courtes, réduisant l’impact d’une éventuelle hausse des taux d’intérêts.

Rachats d’années de cotisations et optimisation fiscale

Le rachat permet avant tout à un assuré d’investir dans sa retraite et de combler les lacunes de son 2e pilier. Il se montre par ailleurs très intéressant fiscalement et financièrement: il est entièrement déductible du revenu imposable et profite des rendements des placements de l’assuré.

Avant tout rachat, il convient de combler les éventuelles lacunes dans la prévoyance cadres, puis seulement après dans la caisse de pension de base. Une politique de rachat mûrement réfléchie doit être définie, en tenant compte de la capacité de rachat du détenteur du capital, de l’horizon de temps, du salaire, du potentiel d’épargne et de l’existence éventuelle d’autres capitaux de prévoyance.

Une échéance de trois ans minimum doit s’écouler entre un versement au titre d’un rachat et un retrait. Il convient alors de réfléchir à de nouvelles stratégies à l’approche de la retraite. Attention, car le non-respect de cette règle entraînera l’annulation du rachat par le fisc, rétroactivement.

Retraite partielle et versement partiel du capital

Pour ceux qui ne souhaitent pas interrompre leur carrière du jour au lendemain ou veulent au contraire la prolonger, il peut être avantageux, selon le canton d’imposition, d’effectuer un retrait partiel de son capital pour pallier à la progressivité de l’impôt, tout en réduisant son taux d’occupation et son salaire correspondant. De plus, lorsqu’un assuré a effectué une réduction de son salaire de moitié au maximum, la prévoyance peut, sur demande, être maintenue dans les conditions habituelles. Le cas échéant, les cotisations d’épargnes, la capacité de rachat et la couverture de risque sont maintenues au niveau du dernier salaire le plus élevé. C’est le règlement de prévoyance de chaque caisse de pension qui définit ces différentes possibilités.

Etendre la flexibilité à l’ensemble de la prévoyance surobligatoire

Face aux avantages des solutions présentées ci-dessus, pourquoi ne pas étendre la flexibilité offerte par un plan de prévoyance cadres à l’ensemble de la prévoyance surobligatoire et en faire profiter une plus large part de la population? Laisser le soin aux assurés de participer plus activement à la gestion de leur patrimoine renforcerait notre système social. Qu’attendons-nous? Surtout qu’en fin de compte, contrairement à une idée reçue, les propriétaires des avoirs de prévoyance ne sont ni l’Etat ou les caisses de pension, mais bien les individus eux-mêmes.

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