Le Temps: D'autres grands groupes ont tourné le dos à une structure coopérative pour entrer en Bourse et perdre beaucoup d'argent dans des stratégies d'expansion aventureuses. Comment pouvez-vous rassurer vos actionnaires?

Walter Huber: La stratégie d'Emmi repose sur de bonnes bases. Les affaires internationales génèrent déjà 23% de nos ventes, soit 435 millions de francs, exportations comprises. Nous sommes donc déjà bien établis dans plusieurs pays.

– A quel usage serviront les fonds levés en Bourse?

– Cet argent sera utilisé pour développer nos filiales existantes ainsi que pour des acquisitions si celles-ci nous permettent de croître plus vite et favorisent la vente de nos produits. L'accent sera donc mis sur les sociétés de distribution. Mais nous n'excluons pas d'acquérir une entreprise qui comprendrait des activités de production si son réseau de distribution est solide.

– N'y a-t-il pas des tensions potentielles avec votre actionnaire principal, les producteurs de lait de Suisse centrale, qui ont intérêt à des prix laitiers élevés?

– C'est précisément pour cela que nous avons défini ensemble une stratégie internationale. Le développement des ventes à l'étranger procure des débouchés à la production en Suisse.

– Les subventions publiques, à hauteur de 100 millions de francs pour Emmi, font aussi peser des incertitudes politiques sur les perspectives de la société.

– Ces subventions ont baissé régulièrement depuis 1999 sans que cela nous empêche d'améliorer nos ventes et notre marge de rentabilité.