Deuxième pays en Europe après l'Islande à vaciller du fait de la crise financière, la Hongrie a tenu samedi un «sommet national» pour sauver son système bancaire. Le premier ministre Ferenc Gyurcsany avait convoqué à Budapest les membres du gouvernement, de l'opposition, des syndicats, dirigeants industriels et financiers, dans l'espoir d'élaborer un plan d'action pour rétablir la confiance des entreprises et mettre un terme à la fuite des capitaux étrangers.

Mais les frictions politiques ont bloqué tout accord sur un gel éventuel des salaires des fonctionnaires et la réduction des dépenses publiques. Seules mesures entérinées, le report d'une baisse des impôts et une feuille de route pour l'adoption de l'euro à l'horizon 2011-2013.

La Hongrie vient de recevoir le soutien inespéré de la Banque centrale européenne pour le refinancement de son système bancaire. Un prêt de 5 milliards d'euros a été convenu avec la banque centrale hongroise pour garantir les facilités d'emprunt de l'Etat. Il était temps. Depuis une semaine, le forint décroche face à la monnaie unique et les liquidités en euros se sont évaporées des organismes bancaires hongrois. Pour éviter la faillite, trois banques ont interrompu leurs prêts en devises, dont dépendent pourtant de nombreuses entreprises.