En quête d’orientation et de certitudes, les places financières européennes ont plongé dans le rouge mercredi, peu avant le début d’un sommet européen le soir à Bruxelles, qui n’était pas achevé à l’heure d’aller sous presse.

Les bourses de Milan ou de Madrid ont réalisé les plus importantes pertes, supérieures à 3%. Les gains du début de semaine ont été effacés. Après une ouverture en recul significatif sur toutes les places européennes, la chute s’est accentuée en fin de journée. Les mêmes incertitudes ont poussé les rendements des obligations d’Etat à la hausse. Côté changes, l’euro a atteint son plus bas depuis août 2010, à 1,2583 dollar, mais le franc est resté collé à son plancher face à la monnaie unique.

Les incertitudes sont nombreuses. Le moteur franco-allemand va-t-il tenir après l’élection du socialiste François Hollande à la récente présidentielle française? Les différends entre Paris et Berlin sur les moyens de remettre l’Europe sur les rails sont-ils insurmontables? L’Irlande va-t-elle refuser par référendum, le 31 mai, le nouveau pacte de discipline budgétaire? Quel gouvernement aura la Grèce à l’issue de nouvelles élections le 17 juin, et ce pays aura-t-il encore un avenir au sein de la zone euro?

Les réponses ne viendront peut-être pas avant fin juin à Bruxelles, lors du prochain sommet officiel. Hier, le dîner était présenté surtout comme une rencontre informelle pour introniser le nouveau président français au sein du club des dirigeants. A son arrivée, ce dernier a déclaré que «la réalité est que l’Allemagne peut placer plus de 4 milliards d’obligations à zéro pour cent quand les autres pays ne trouvent pas à se financer. Il faut y remédier». La chancelière allemande n’a fait aucune déclaration.

«Risque réel» de sortie de la Grèce

En attendant, les propos du premier ministre grec sortant, selon qui «le risque que la Grèce quitte l’euro était réel», ont fait ressurgir toutes les craintes. Lucas Papadémos est revenu à la charge mercredi dans le Wall Street Journal: «Bien qu’un tel scénario soit peu probable et qu’il n’est souhaitable ni pour la Grèce ni pour d’autres pays, on ne peut exclure que des préparatifs soient en cours pour contenir les conséquences potentielles d’une sortie grecque de la zone euro.» L’ancien banquier central a estimé les coûts d’une sortie de la Grèce de la zone euro entre 500 et 1000 milliards d’euros.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a eu beau essayer de calmer la nervosité en affirmant que la Commission souhaitait ardemment que la Grèce reste membre de l’euro, les bourses n’y ont guère prêté attention. De son côté, Hermann Van Rompuy, le président de l’UE, a prévenu, sitôt la réunion ouverte vers 19h30: «Je veux que les dirigeants européens aient une discussion franche et ciblée, mais avec une réelle volonté de compromis.»