Christine Lagarde souligne le manque de crédibilité de l’Italie «Le problème qui est en jeu et qui a été clairement identifié tant par les autorités italiennes que par leur partenaires est un manque de crédibilité des mesures qui ont été annoncées», a déclaré la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, lors d’une conférence de presse à la fin du sommet.

Londres se prépare à la fin de l’euro Le monde ne peut attendre indéfiniment les décisions de la zone euro pour résoudre sa crise de la dette, a souligné vendredi le Premier ministre britannique, David Cameron, en jugeant cependant que des progrès avaient été accomplis dans ce sens au sommet. Après l’échec des vingt premières puissances économiques mondiales à se mettre d’accord sur une augmentation des ressources du Fonds monétaire international pour aider des pays comme la Grèce et l’Italie, David Cameron a aussi admis que son pays se préparait à une possible disparition de l’euro.

«Chaque jour qui passe pour la crise de la zone euro (...) est un jour qui a un effet négatif pour le reste du monde économique», a-t-il dit à une conférence de presse à l’issue du sommet du G20. «Les Grecs doivent décider s’ils veulent rester dans la zone euro, accepter le plan d’aide à la réduction de leur dette qui a été négocié et le faire fonctionner pour eux au sein de la zone euro. Ou s’ils veulent emprunter une voie différente», a-t-il précisé.

«Ce qu’ils ne peuvent pas faire, c’est de laisser cela indéfiniment sans de nouvelles discussions et négociations. Le monde ne peut attendre», a insisté le Premier ministre britannique.

■ «L’UE est en mesure de répondre à la crise de la dette» Le président américain Barack Obama a estimé vendredi que l’Union européenne était «en mesure» de répondre à la crise de sa dette, à l’issue du sommet. «En ce qui concerne l’Europe, nous sommes venus à Cannes pour discuter avec nos amis européens de la façon dont ils pouvaient partir du plan sur lequel ils se sont mis d’accord la semaine dernière pour résoudre cette crise», et «après avoir écouté nos partenaires européens ces deux derniers jours, je suis certain que l’Europe est en mesure d’être à la hauteur de ces difficultés», a déclaré M. Obama lors d’une conférence de presse.

■ 29 banques à renforcer Les régulateurs ont identifié au total 29 banques dites d’importance «systémique», qui de par leur taille représentent un danger pour l’ensemble de l’économie en cas de faillite, et vont leur imposer une série de mesures pour les renforcer. Parmi ces établissements, figurent les banques françaises BPCE, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale, mais aussi plusieurs banques d’affaires américaines dont Goldman Sachs, selon un communiqué publié vendredi par le Conseil de stabilité financière (FSB), lors du G20 de Cannes.

Cette liste n’est toutefois pas définitive. Elle sera actualisée chaque année et publiée au mois de novembre. Des établissements pourront aussi bien être ajoutés à cette liste qu’être retirés, ont souligné les régulateurs.

Paradis fiscaux «Les paradis fiscaux seront «mis au ban» de la communauté internationale», a prédit le président français Nicolas Sarkozy, qui a souhaité qu’une taxe sur les transactions financières soit mise en place dans les pays de l’Union européenne (UE) «dès l’année 2012», en conclusion du sommet des pays du G20 réunis à Cannes.

M. Sarkozy a assuré que le projet de taxe préparé par la Commission de Bruxelles serait examiné par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE «dès le début» de l’année 2012 et a promis que la France «se battra» pour faire en sorte qu’elle soit mise en service dès la fin de l’année prochaine.

Le G20, qui cherche à éviter coûte que coûte une propagation de la crise grecque, toujours possible malgré l’abandon du référendum, a décidé de placer l’Italie sous surveillance du FMI et convenu de mesures cherchant à éviter au monde une nouvelle récession.

La Grèce a certes officiellement renoncé vendredi à son projet de référendum sur le plan de sauvetage de ce pays, qui avait plongé lundi l’avenir de la zone euro dans l’incertitude et provoqué la stupeur des partenaires de l’Europe au sein du G20. Mais, entre-temps, la pression des marchés s’est accentuée sur l’Italie, troisième économie de la zone euro, quatrième emprunteur dans le monde, et principale cible des investisseurs en cas de propagation de l’incendie. Ce pays sera donc dorénavant sous surveillance du Fonds monétaire international (FMI), qui va contrôler, aux côtés de la Commission européenne, ses engagements budgétaires, a confirmé vendredi au sommet du G20 de Cannes le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

«L’Italie a décidé de son propre chef de demander au FMI de surveiller la mise en œuvre» des mesures de réduction des déficits publics italiens, a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse. Le FMI et la Commission européenne présenteront leur rapport sur l’Italie chaque trimestre, a précisé pour sa part la chancelière allemande Angela Merkel.

Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a accepté ce rôle du FMI, avaient indiqué plus tôt à l’AFP des sources européennes concordantes qui évoquaient une surveillance «stricte» de la mise en œuvre des mesures de réduction du déficit public du pays.

Rome avait alors donné une version légèrement différente. L’Italie n’a pas accepté une «surveillance» formelle par l’institution de Washington mais est prête à lui demander des «conseils», ou des «avis», a déclaré à l’AFP à Cannes une source gouvernementale italienne.

■ Quelles ressources pour le FMI?

Le G20 va accepter d’apporter des ressources supplémentaires au Fonds monétaire international (FMI) face à la crise, «rapidement si nécessaire», a annoncé vendredi le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, en marge du sommet de Cannes (France).

Selon lui, trois «options concrètes» seront définies par les ministres des Finances des grandes puissances riches et émergentes «d’ici leur prochaine réunion».

Il a évoqué «des contributions bilatérales au FMI comme cela a été fait lors de la crise financière de 2009» et des émissions de droits de tirage spéciaux (DTS), une sorte d’actif de réserve créé par le Fonds, «pour des contributions volontaires». La troisième option serait une «entité spécifique créée au sein du FMI», «une sorte de «trust fund» ou compte spécial alimenté par des contributions volontaires, a ajouté Herman Van Rompuy.

«Un certain nombre de pays ont dit leur disponibilité à contribuer à cette augmentation», a assuré le président de l’UE, sans les citer.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a dit, lors de la même conférence de presse, que l’augmentation des ressources du Fonds ne visait pas spécifiquement les pays de la zone euro mais tous ceux qui en auraient besoin. Les Etats-Unis étaient opposés à une augmentation générale des ressources permanentes du FMI et le G20 a donc opté pour des contributions plus ponctuelles et volontaires.