Les actionnaires de Sabena disent «oui, mais…», Sabena sauvée… à court terme, bouffée d'oxygène pour Sabena…: la presse belge a accueilli mardi avec un soulagement teinté d'inquiétude la recapitalisation de la compagnie aérienne moribonde. L'injection de 250 millions d'euros (380 millions de francs) et le plan de restructuration Blue Sky, avertissent les commentateurs, ne permettent pas la survie de Sabena. Tous s'interrogent sur les intentions de SAirGroup, qui procède actuellement à une réévaluation de ses partenariats.

La presse francophone salue la décision des deux actionnaires – l'Etat belge et SAirGroup – de mettre une nouvelle fois la main à la poche pour sauver l'entreprise de la faillite. Sans cette injection d'argent frais, note La Libre Belgique, «la compagnie ne pourrait plus honorer ses paiements après fin février». En dépit des 600 à 700 suppressions d'emplois prévues, «le bain de sang social est évité», écrit Le Soir.

L'horizon des 12 000 employés n'est pas rose pour autant. Faisant écho au président de Sabena, Christoph Müller, qui avertissait lundi soir que le patient «est toujours très, très malade», les commentateurs prédisent dans un même élan d'unanimité de nouvelles zones de turbulences pour la compagnie. Pour la radio publique RTBF, «l'avenir de Sabena paraît aussi nébuleux aujourd'hui qu'hier». «Sabena peut sortir d'apnée (…) mais elle demeure toujours exsangue», constate le quotidien des milieux d'affaires L'Echo.

Une phrase sibylline du communiqué de Sabena n'en finit pas d'inquiéter: «A long terme, les deux actionnaires principaux pourraient réévaluer les termes de leur partenariat.» Les médias s'interrogent sur le sens de cette phrase qui, selon la RTBF, «jette le trouble». La Libre Belgique y voit la confirmation que SAirGroup n'a pas renoncé à ses velléités «de quitter le navire». Le journal rappelle cependant que, si le holding suisse devait se résoudre à lâcher Sabena, il serait contraint de payer des pénalités de l'ordre de 20 milliards de FB (plus de 800 millions de francs)!

Accueillie avec scepticisme par la presse, la décision du groupe suisse de poursuivre son partenariat avec Sabena a été sanctionnée par la Bourse. Le titre de SAirGroup a plongé hier à Zurich. A quelques minutes de la clôture, l'action perdait 13,75 francs (–6,6%) à 211,50 francs. Un accès de faiblesse que les analystes attribuent à la confirmation de l'engagement de SAirGroup, qui pourrait s'avérer plus coûteux qu'une sortie.