Et si une partie importante des activités des sites de rencontre était de… flouer leurs clients? On se souvient de l’affaire Ashley Madison, qui avait éclaté en 2015. Les adresses e-mail des utilisateurs avaient été rendues publiques. Mais pas seulement: on avait par exemple appris que la fonction de discussion instantanée («chat») était utilisée par 11 millions d’hommes, contre… 2400 femmes. En clair, Ashley Madison avait totalement survendu, aux hommes, la présence des femmes sur son site.

La semaine dernière, c’est le site de rencontre Match.com – dont la maison mère possède aussi entre autres Tinder – qui s’est fait épingler. Son slogan a beau être «Start something real», aux Etats-Unis, la Federal Trade Commission (FTC) accuse le groupe Match d’avoir «exposé ses utilisateurs à un risque de fraude». Entre 2016 et 2018, le site a incité des utilisateurs à payer plus de 499 000 abonnements après leur avoir envoyé des messages comme «Quelqu’un a aimé votre profil» ou «Vous plaisez à quelqu’un».

Or non seulement ces messages étaient des faux, mais en plus, avance la FTC, Match.com était au courant de la supercherie. Le groupe s’est défendu avec vigueur. Il faudra voir si l’enquête en cours mettra au jour des pratiques peu reluisantes sur le dos d’utilisateurs sans doute un peu crédules.


Une précédente chronique: Téléphones espions, la fin d’un mythe