La Suisse a-t-elle envie d’être souveraine numériquement? Veut-elle maîtriser les données de ses citoyens? Ou a-t-elle abandonné toutes velléités à ce sujet? Ces questions peuvent paraître provocatrices. Mais elles se posent aujourd’hui avec acuité. Car une série d’événements récents se dessine. Il y a d’abord la volonté de la Confédération de ne choisir que des prestataires américains et chinois pour son cloud. Il y a aussi, par ricochet, l’absence totale de soutien pour la scène tech helvétique. Et il y a enfin l’annonce, lundi, par Swisscom, du transfert de données de ses clients chez Amazon.

«Le logiciel mange le monde», écrivait en 2011 l’entrepreneur Marc Andreessen, pour une phrase devenue culte. Dix ans plus tard, c’est plus précisément le cloud qui avale la planète. Le stockage et le traitement se font toujours plus en ligne, dans des centres de données en réseau sur tous les continents. Fiabilité, efficacité, rapidité: le cloud combine trois avantages majeurs. Et la prime va, bien sûr, aux géants du secteur, qui bénéficient d’économies d’échelle titanesques.