«Les marchés font une sorte de burn-out à cause des SPAC, les investisseurs ne savent plus où donner de la tête.» L’ambiance est électrique à Wall Street, au point d’épuiser les financiers, comme nous le raconte Alborz Tolou, un avocat suisse installé à New York, où il est spécialisé dans les marchés de capitaux. Ces véhicules d’investissement permettent d’introduire des sociétés en bourse de manière simplifiée et potentiellement très lucrative. Depuis qu’ils ont pris d’assaut les marchés, mi-2020, des sommes gigantesques ont été levées. Une concurrence féroce s’est instaurée pour trouver des sociétés à introduire en bourse via ces instruments, qui ne sont pas exempts de conflit d’intérêts. Un SPAC: comment ça marche, qui gagne quoi et pourquoi la surchauffe guette.

A Wall Street, tout ce qui touche aux SPAC est recherché comme jamais. A commencer par des sociétés à acquérir. «Lorsque nous préparons le dossier d’une entreprise ouverte à un rachat, il n’est pas rare que nos clients reçoivent 10 à 15 coups de fil de SPAC. Certains proposent des conditions plus avantageuses, d’autres voudront apporter davantage d’argent avec des investisseurs plus solides», affirme Alborz Tolou, avocat chez Kirkland & Ellis à New York, l’une des principales études actives dans les SPAC.