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Dans la nuit de lundi à mardi, le premier étage d’un lanceur Falcon 9 de SpaceX est revenu se poser à la verticale sur la terre ferme, ce qui n’était jamais arrivé jusqu’alors pour la société. 
© STEVE NESIUS

Espace

SpaceX bouscule l’industrie aérospatiale

La société du milliardaire Elon Musk a réussi à faire atterrir le premier étage d’une fusée Falcon 9 après qu’elle a mis onze satellites sur orbite basse. SpaceX est la deuxième entreprise à réussir un tel exploit

Coup double pour Elon Musk. Six mois après l’explosion au décollage de sa fusée Falcon 9, le milliardaire américain, fondateur de la société SpaceX, revient en force dans la compétition spatiale. Dans la nuit de lundi à mardi, son nouveau lanceur modifié et plus puissant, parti de cap Canaveral en Floride, a mis onze satellites en orbite basse pour la société de communication Orbcomm. Surtout, le premier étage de la fusée est revenu se poser à la verticale sur la terre ferme, ce qui n’était jamais arrivé jusqu’alors pour SpaceX, ses deux précédentes tentatives de retour sur une barge dans l’océan s’étant soldées, en début d’année, par des échecs.

Après quelques minutes d’ascension et alors que le deuxième étage de la fusée continuait sa trajectoire vers l’espace pour placer ses satellites en orbite, l’imposant premier étage – chargé de la propulsion – se détachait, amorçait sa descente et atterrissait en douceur à l’aide de moteurs ralentissant sa chute. Le succès aurait été complet pour Elon Musk s’il avait été le premier à réussir un tel exploit. Mais un mois plus tôt, Jeff Bezos, le patron d’Amazon et fondateur de Blue Origin, était parvenu à la surprise générale à faire atterrir sa fusée New Shepard après un vol suborbital non habité.

Depuis le début des années 2000, les deux hommes se font concurrence pour développer le tourisme spatial. Jeff Bezos veut proposer des vols à la frontière de l’espace; les passagers pourront, durant quelques minutes, connaître l’état d’apesanteur, flottant dans la cabine avant de redescendre sur Terre. Elon Musk va plus loin et envisage des allers-retours vers Mars; c’est pourquoi il a minimisé la performance de la fusée de Blue Origin, qui vole à une altitude moindre que la sienne, rendant moins compliqué le retour du lanceur au sol.

Ariane devra s’adapter

Cette avancée technologique va changer un paysage spatial sans cesse bousculé par SpaceX. Depuis le succès du lancement, voici deux ans, de sa fusée Falcon 9, la société a obligé le duopole formé par l’européen Arianespace et le russe Proton à s’adapter. Le premier objectif de la start-up américaine créée en 2002 a été de briser ce duo en cassant les prix de lancement et de mise en orbite des satellites de près de 30%. L’opération a réussi et SpaceX est devenue incontournable, contraignant les Européens à réorganiser leur filière industrielle et à concevoir une nouvelle fusée – Ariane 6 – moins chère et plus performante qu’Ariane 5 à l’horizon 2020.

Récupérer un lanceur pour le réutiliser est la deuxième étape de l’offensive de SpaceX. Elle permettra de réduire encore fortement le coût de mise en orbite. Comme le rappelait Jeff Bezos: «Imaginez qu’un Boeing 747 vole jusqu’en Asie et soit détruit ensuite. C’est le modèle des fusées actuelles.»

Dans ce domaine, la recherche est plus avancée aux Etats-Unis qu’en Europe, même si Airbus y travaille. Depuis cinq ans, une petite équipe développe un projet sous le nom de code Adeline. L’approche est ici différente: plutôt que de récupérer tout le premier étage de la fusée, elle se propose de ne faire revenir sur Terre que le moteur servant à propulser le lanceur. Cela représente 20% du volume de l’étage principal et 80% de sa valeur. Néanmoins, ce projet aboutira au mieux après 2025, ce qui laisse un net avantage à SpaceX et Blue Origin. La priorité pour les Européens étant de réaliser Ariane 6 dans les temps, pour permettre à Arianespace de conforter sa place de leader mondial. 

Dossier
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