Les cours du pétrole hésitaient jeudi en cours d’échanges européens, évoluant en petite hausse à Londres, avec en vue le seuil des 100 dollars, mais perdant du terrain à New York, dans un marché nerveux après une hausse de quelque 4 dollars sur les trois dernières séances.

Vers 11h00 GMT (12h00 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février s’échangeait à 98.46 dollars sur l’InterContinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 34 cents par rapport à la clôture de mercredi. Il est monté jusqu’à 98.66 dollars en début des échanges européens, non loin du sommet de 98.85 dollars enregistré la veille, qui représentait son plus haut niveau depuis octobre 2008.

De son côté, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en février reculait de 12 cents à 91.74 dollars. Les cours du baril évoluaient sur un marché nerveux, après avoir engrangé quelque 4 dollars sur les trois premières séances de la semaine, et restaient soutenus par un dollar en berne, face à un euro revigoré par le succès d’une émission obligataire du Portugal mercredi. En Asie, les cours pour le light sweet crude affichaient jeudi matin une hausse de 6 cents à 91.92 dollars.

«Une bouffée d’optimisme sur l’économie, un regain d’appétit pour les actifs risqués et une bonne tenue des marchés boursiers encouragent la hausse des prix, et l’approche du seuil psychologique des 100 dollars (à Londres) vient attiser l’intérêt des investisseurs», observaient les experts de Commerzbank.

La situation de l’oléoduc Trans Alaska continuait de concentrer l’attention des opérateurs: fermé depuis samedi, il a été remis provisoirement en service mardi soir pour éviter le gel du pétrole qu’il contient, mais fonctionne à la moitié de son débit et la définitive de remise en service complète reste incertaine.

Cet oléoduc majeur, qui transporte un dixième de la production américaine, achemine du brut de l’Arctique au sud de l’Alaska et approvisionne la côte ouest des Etats-Unis. «La perte d’approvisionnement occasionnée par la fermeture de l’oléoduc peut être estimée à environ 2,5 millions de barils de brut», précisaient les analystes de Commerzbank.

Par ailleurs, alors que le nord-est des Etats-Unis essuie depuis deux jours une nouvelle forte tempête de neige, les températures glaciales dans la région «dopent la demande de fioul de chauffage et soutiennent aussi les cours du pétrole», ajoutait Rebecca Seabury, analyste chez le Britannique Inenco.