Le sport ne cesse de se diversifier et de se professionnaliser. Dans le même temps, les problèmes de concurrence, de libre circulation des personnes et de dopage se multiplient. L'encadrement sportif ne peut donc plus se contenter d'amateurs. Fort de cette constatation, le Centre international d'étude du sport (CIES) – fondé en 1995 à Neuchâtel sur l'impulsion de la FIFA et en partenariat avec l'Université de Neuchâtel – a mis sur pied une formation postgrade en management, droit et sciences humaines du sport. «A l'occasion de nos contacts avec le milieu du sport, nous avons senti un immense besoin dans le domaine. Nous avions déjà organisé des cours ponctuels pour les dirigeants de fédérations nationales, africaines et américaines du Sud, notamment. Mais, nous avons souhaité créer une formation supérieure postgrade, avec un programme touchant à tous les domaines de la gestion sportive», raconte Denis Oswald, directeur du CIES et responsable des aspects scientifiques.

Originalité de ce mastère, le CIES s'est associé avec deux universités européennes, chacune enseignant sa spécialité. Le programme s'étend sur une année à raison de cinq heures de cours par jour, et la première volée a débuté en octobre 2000. A l'Université De Monfort, en Angleterre, les étudiants ont abordé l'histoire, la sociologie et l'éthique du sport, alors que l'Université Bocconi de Milan, dont la réputation n'est plus à faire, a dispensé le volet stratégies économiques et ressources humaines. Le 19 mars dernier, les 24 étudiants en provenance d'Afrique, d'Asie, d'Amérique et d'Europe sont arrivés à Neuchâtel afin d'entamer leur dernier trimestre.

Au programme: les aspects juridiques. Dans le cadre d'une fédération ou d'une association, peut-on expulser un membre? Le punir? Recourir devant les tribunaux civils? Telles seront, entre autres les questions abordées ce prochain trimestre. En juillet, une fois le cycle terminé, les étudiants ne seront pas lâchés dans la nature. «Nous avons engagé une personne à 50%, dont la tâche est de prendre contact avec des fédérations et des entreprises, utilisant le sport comme véhicule promotionnel, susceptibles d'employer nos diplômés», explique Denis Oswald. Dans un premier temps, ils y feront des stages, avec peut-être un emploi à la clé.

Cette initiative connaît un succès certain. Elle se poursuivra l'année prochaine avec quelques ajustements, et a déjà reçu 600 demandes d'informations. Ce qui n'est pas sans inquiéter le directeur scientifique du programme: «Même si la moitié seulement des personnes intéressées s'inscrit, nous devrons opérer un tri difficile et douloureux.» En effet, le CIES veut continuer à limiter le nombre des participants à 25, condition sine qua non de sa qualité.