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Le Spry Drone, un appareil capable de se poser sur l’eau

Le Spry Drone peut voler par temps de pluie et filmer sous la surface

Faire voler un drone sous la pluie? Voilà une manœuvre parfaitement contre-intuitive à laquelle on se résout avec un soupçon d’appréhension. Tout télépilote sait que l’humidité est l’ennemie des moteurs électriques et que ce genre d’exercice est hautement déconseillé. Sauf avec ce quadricoptère orange vif, dont la coque est recouverte de plastique ABS, tel un gros jouet. Présenté comme étanche et flottant, le Spry Drone n’est pas seulement capable de voler sous l’averse. Relativement lourd (767 g), mais aux dimensions raisonnables (27 cm de diamètre), il peut aussi se poser sur l’eau. Il supporte même sans dommage une immersion de trente minutes à un mètre de profondeur.

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Le pluvieux week-end de la Toussaint fut parfait pour tester cet appareil importé par Helsel EU et fabriqué par la marque chinoise SwellPro, originaire, comme il se doit, de Shenzhen. Présenté dans une élégante petite valise, le Spry Drone impose une procédure un tantinet contraignante pour connecter la radiocommande (waterproof et flottante, elle aussi) au bon canal et assurer la connexion (un peu longue) aux satellites GPS. On peut faire voler ce drone sans recourir à une liaison wi-fi – précision importante, par les temps qui courent, lorsqu’il s’agit de matériel chinois… – puisque la radiocommande est dotée de son propre GPS avec un moniteur intégré. La portée maximale est de 800 m et la durée de vol atteint, selon le constructeur, une quinzaine de minutes. Les vidéos sont réalisées en 4K.

Le WWF client

Sous une pluie fine, le Spry Drone décolle comme si de rien n’était. Les moteurs sont protégés, de même que la caméra, enfermée dans un dôme en polycarbonate. Outre le poids du châssis, cette imperméabilité impose une contrepartie: la caméra n’est pas stabilisée sur l’axe horizontal, d’où une image vidéo moins fluide. Filmer sous la pluie, en vérité, ne présente pas grand intérêt, hormis sans doute pour certains usages professionnels, car les gouttelettes ne tardent pas à brouiller les images transmises sur l’écran de la radiocommande. L’appareil réagit bien mais, légèrement pesant, il accuse une tendance à perdre de l’altitude lorsqu’il vole en dessous d’une vingtaine de mètres.

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A l’approche de la surface, le Spry Drone fait frissonner l’eau et se pose en douceur. Un temps d’arrêt et on le fait redécoller. Il reprend de la hauteur en s’égouttant comme un panier à salade. Au deuxième posé sur l’eau, on coupe carrément les moteurs non sans avoir pris soin de braquer l’objectif de la caméra vers le bas. Au visionnage, on discernera de vagues formes sous-marines (l’onde du canal du Loing n’est pas tout à fait comparable à celle d’un lagon, surtout en novembre), mais le résultat doit sans doute être différent dans une eau plus claire. Ces drones étanches sont, en effet, utilisés en immersion pour inspecter les coques de bateaux voire pour filmer en pleine action baleines et dauphins. Le constructeur précise que le WWF fait partie de ses clients.

Ne plus avoir peur de l’eau

En pratique, le Spry Drone (999 euros, environ 1100 francs) sera surtout utile pour désinhiber ceux qui utilisent fréquemment un drone au-dessus de l’eau, en particulier à partir d’une embarcation, mais redoutent de le perdre à la première fausse manœuvre ou incident. Cet appareil qui possède une fonction «retour automatique» vers la radiocommande peut aussi convenir à ceux qui volent fréquemment en bord de mer, où l’humidité ambiante peut finir par corroder les moteurs. Reste un dernier défi, que nous n’avons pas eu l’opportunité de relever: la pêche au drone, en fixant avec un adhésif un fil à pêche pourvu d’un hameçon en vue de ferrer un (tout petit) poisson. Ce sera pour la prochaine fois.

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