Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Admeira a été lancée au printemps 2016 avec l’ambition de s’imposer sur le marché publicitaire avec sa stratégie «guichet unique».
© Peter Schneider/Keystone

Publicité

La SSR quitte le navire Admeira

Le service public vend ses parts dans le conglomérat publicitaire constitué avec Swisscom et Ringier. Sa participation était critiquée par les médias privés. Dans le secteur, on y voit un «coup dur» pour Admeira

La nouvelle était dans l’air depuis des mois. C’est désormais chose faite: la SSR vend ses 33% de parts dans la régie publicitaire Admeira aux deux autres actionnaires de celle-ci, Swisscom et Ringier (copropriétaire du Temps), a-t-elle annoncé jeudi dans un communiqué.

Le montant de la transaction n’a pas été communiqué, mais devrait permettre à la SSR, qui vient d’annoncer un plan d’économie de 100 millions de francs, de réaliser des «recettes extraordinaires», selon Patrick Zanello, spécialiste des médias et ancien collaborateur de Ringier. Il estime le chiffre d’affaires d’Admeira entre 500 et 550 millions de francs. Soit la moitié des recettes de la nouvelle alliance entre Tamedia et Goldbach.

Concurrencer les GAFA

Admeira a été lancée au printemps 2016 avec l’ambition de s’imposer sur le marché publicitaire avec sa stratégie «guichet unique». Soit la constitution d’une seule régie composée du géant des télécommunications, la maison d’édition et le service public audiovisuel couvrant tous les canaux de diffusion et supports possibles pour les annonceurs.

Médias Suisses voit dans le retrait de la SSR un premier pas. La faîtière des éditeurs privés avait tout de suite dénoncé ce qu’elle considère comme une concurrence déloyale. «On ne peut pas toucher 1,2 milliard de francs de redevance d’un côté et clamer, de l’autre, que l’on va concurrencer les GAFA [Google, Apple, Facebook et Amazon, ndlr]», critique sa secrétaire générale, Christine Gabella. Elle ne crie toutefois pas victoire, puisque la SSR reste cliente d’Admeira pour la commercialisation de ses spots publicitaires et de ses offres de sponsoring.

Diversifier l’actionnariat

Du côté de la régie, on déclare vouloir désormais «ouvrir la porte à de nouveaux actionnaires et fournisseurs d’inventaire», selon un communiqué lapidaire de son directeur Bertrand Jungo, en poste depuis septembre.

Un appel du pied à destination des groupes de médias privés suisses, ou étrangers comme TF1, Altice et/ou des groupes allemands, suggère Patrick Zanello. «La perte d’un actionnaire de référence est un coup dur sur le plan stratégique, souligne-t-il. C’est la SSR qui ouvrait les portes de l’international grâce à ses contacts avec d’autres télévisions publiques.»

Le retrait pourrait aussi rebrasser les cartes d’Admeira. «Swisscom y est entré pour faire de la publicité ciblée, rappelle Patrick Zanello. Sans la SSR, cette option est compromise. La bonne question à moyen terme, c’est de se demander ce que va faire l’opérateur de ses parts.»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)