mobilité

Le ST5, le vélo qui veut vous faire revendre votre voiture

Beau, puissant et connecté, le «vélotaff» électrique du suisse Stromer a de quoi faire oublier la voiture et ses gaz d'échappement. A condition de convaincre votre banquier du bien-fondé d'un tel achat

Et si vous revendiez votre voiture pour vous offrir un vélo électrique? Mais attention, pas n’importe quel vélo, mais l’un des modèles les plus haut de gamme. C’est le deal proposé par Stromer et son ST5, que le fabricant suisse met en scène dans une vidéo promotionnelle. On y voit un homme liquider son garage lors d’un vide-grenier. Voitures, motos, skateboard, tout y passe contre monnaie sonnante et trébuchante. A la fin, ne reste que le vélo. Adieu le diesel, bonjour la pédale!

Une précision s’impose à propos du «sonnant» de «sonnant et trébuchant». Préparez-vous à sonner façon trompettes de Jéricho: le ST5 est vendu à partir de 9990 francs. Oui, c’est beaucoup pour un vélo, même premium. Les vaut-il? Nous avons voulu savoir ce que cette «Tesla des vélos» avait dans le ventre. Cela tombe bien, la marque nous en a prêté un exemplaire.

Une précision suisse

Le cadre du ST5 est sans doute ce qui saute le plus aux yeux. Un design sobre, anguleux, racé, duquel absolument aucun câble ne dépasse. C’est d’une propreté et d’une précision toutes suisses.

La suite ne déroge pas à la règle et les équipements sont si premium qu’ils en deviennent presque comiques. Un phare avant de 1250 lumens est intégré dans le guidon (les phares de voiture atteignent les 3200 lumens et les loupiotes de vélo environ 100 lumens, à titre de comparaison). A l’arrière, le feu s’illumine en cas de freinage, une sécurité supplémentaire bien appréciable. Les roues de 27,5 pouces sont serties de pneus Pirelli… spécialement conçus pour le ST5.

Enfin, dernière caractéristique qui séduira les geeks, la présence dans le tube horizontal d’un écran tactile indiquant la vitesse, l’autonomie restante et les autres informations habituelles tout en autorisant quelques réglages.

Ce tableau de bord permet en outre de verrouiller son vélo sans avoir à l’attacher. Verrouillé, le moteur se bloque et empêche la rotation des pédales, rendant le vélo inutilisable. Pour le déverrouiller, il suffit d’entrer un code PIN ou, plus distingué, d’approcher son smartphone.

Celui-ci déverrouille automatiquement le vélo via Bluetooth (il faut pour cela l’appairer via une application iOS ou Android). Le ST5 est également équipé d’une puce 3G permettant de le géolocaliser.

Performances extrêmes

Toutes ces fioritures seraient ridicules sans des performances extrêmes. Rassurez-vous, elles sont au rendez-vous. Le moteur de 800 watts (!) propulse la bécane à 45 km/h maximum, en mode d’assistance Sport et pour peu qu’on ne fasse pas semblant de pédaler. En réduisant l’un ou l’autre, on a tôt fait de diviser la vitesse de moitié. C’est que la bête pèse un peu moins de 30 kilos…

La batterie, parfaitement dissimulée dans le tube diagonal, frôle les 1000 wattheures, ce qui procure au ST5 une autonomie monstre de 60 à 160 kilomètres en fonction de l’assistance, chiffres que nous avons pu confirmer lors de notre test. Le chargeur est rapide, mais très bruyant.

Pour le ST5, grimper les terrifiantes pentes lausannoises relève de la rigolade. La puissance du moteur tranche avec le silence et la douceur du pédalage et des changements des onze vitesses.

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Le freinage, assuré par des freins à disque à quatre pistons, est extrêmement rassurant. A noter, la présence d’un frein moteur activable en descente. Il permet à la fois de rouler plus confortablement sans avoir à serrer les leviers de freins, mais surtout de considérablement recharger la batterie. Une simple descente lausannoise d’à peine 4 kilomètres recharge ainsi la batterie de 3 à 4%, un chiffre loin d’être négligeable.

Reste que tout n’est pas parfait, même à 9990 francs. Disons-le honnêtement: le ST5 fait mal aux fesses, et pas seulement à cause de son prix. Livré sans fourche avant (en option), c’est un vélo dont le manque de confort a de quoi frustrer. Notons aussi que l’entretien personnel s’avère compliqué: même pour réparer une simple crevaison, il faut desserrer des vis dynamométriques auprès d’un magasin agréé.

Rendre le ST5 à son propriétaire fut un moment difficile, surtout lorsqu’il a fallu enfourcher mon VTT limité à 25 km/h. Mais mon vélo a peut-être une touche de fun que ne possède pas le ST5, dont je me souviendrai comme d’un excellent vélo utilitaire, capable de m’emmener au bureau bien plus rapidement – et proprement – qu’une voiture. Un vélo de pendulaire en somme, ce qui me fait dire que la pub Stromer est plutôt bien trouvée.

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