Plus rien ne bloque la conquête des Etats-Unis par Stadler Rail. Le constructeur de trains thurgovien vient de connaître deux avancées majeures, relate la Handelszeitung en début de semaine.

La première est la construction d’un nouveau site de production dans la ville de Clearfield (Utah). Prévu sur 13 hectares, soit l’équivalent de 20 terrains de foot, il coûtera environ 45 millions de dollars (environ 43,7 millions de francs suisses). L’hebdomadaire zurichois se base sur une lettre envoyée par Martin Ritter, responsable de Stadler Rail aux Etats-Unis, au sénateur de l’Utah Orrin Hatch.

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Compenser les difficultés en Russie

Un investissement pour lequel le groupe basé à Bussnang a reçu un coup de pouce des autorités locales: c’est la Utah Transit Authority (UTA) qui a acheté le terrain et l’a ensuite offert à l’entreprise de Peter Spuhler, comptant en échange sur la création de 550 emplois. Cette nouvelle fabrique, qui s’ajoute à une usine d’assemblage déjà existante dans le pays, est cruciale pour le groupe qui veut développer ses activités outre-Atlantique.

Il compte déjà un carnet de commandes équivalant à un milliard de dollars et doit garantir une production locale d’au moins 60% en raison du Buy American Act. Le groupe compte beaucoup sur ce marché pour compenser les difficultés liées au franc fort, en général, et à la chute du rouble qui a pénalisé ses activités en Russie en particulier.

La deuxième avancée est aussi importante pour le futur de cette usine. Car cette dernière doit permettre la fabrication des trains nécessaires pour honorer une commande afin d’équiper les lignes ferroviaires de l’exploitant californien Caltrain. En août dernier, Stadler Rail y avait décroché un contrat de 551 millions de dollars. Le constructeur thurgovien devait fournir des wagons pour cette ligne reliant notamment San Francisco à San José. La première composition devait être livrée en 2019, pour une mise en service dès 2020.

Septième commande

C’était la septième commande d’importance enregistrée par le groupe aux Etats-Unis depuis 2002. Mais le projet californien a rencontré un obstacle avec l’élection de Donald Trump. En février, Schweiz am Sonntag révélait que le Département des transports (DOT) avait bloqué les fonds servant à subventionner le projet. A cela s’est ajoutée la volonté de Donald Trump, dans son projet de budget annoncé en mars, de couper 13% des dépenses d’infrastructure dans les transports.

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Un engagement de fonds fédéraux du DOT était attendu pour le début du mois de mars, mais il «a pris du retard en raison du changement de gouvernement et les nouvelles nominations qu’il implique à la tête du DOT», expliquait alors Stadler Rail. Le feu vert a finalement été donné en début de semaine.