Starrag investit 25 millions pour faire de Bumotec sa vitrine romande

Industrie La PME construit une nouvelle usine à Vuadens (FR) pour assurer sa croissance, qui dépasse les 10% chaque année

L’entreprise s’intéresse aux marchés étrangers

Une première pierre qui met fin à près de deux ans de bataille. Bumotec a lancé vendredi le chantier de sa nouvelle usine, à Vuadens (FR), projet refusé dans un premier temps par les citoyens de la commune, qui est même passé entre les mains de l’Office fédéral du développement territorial. La PME fribourgeoise pourra donc construire son usine, vitrine romande du groupe Starrag, auquel elle appartient depuis 2012.

L’investissement, uniquement pour l’enveloppe, s’élève à 25 millions de francs. Pour le directeur de la promotion économique, Jean-Luc Mossier, c’est un soulagement: «Ce fut effectivement un dossier compliqué, mais il y avait un intérêt régional prépondérant à trouver une solution, afin de pouvoir maintenir les emplois qualifiés.»

Sur une parcelle de 33 000 m2, le futur bâtiment de 109 mètres sur 131, entièrement vitré du côté de l’autoroute, permettra au fabricant de machines-outils de déployer sa nouvelle stratégie. En effet, fondée en 1973, la PME est restée plutôt orientée sur le marché suisse, avec encore aujourd’hui plus de la moitié du chiffre d’affaires réalisé dans le pays. «Sans prétériter ce marché traditionnel, nous voulons désormais offrir nos produits au monde entier», explique Jean-Daniel Isoz, directeur du site et de la SIP à Genève.

Pour cela, Bumotec peut s’appuyer sur les réseaux de Starrag et a déjà mis en place une petite structure autonome aux Etats-Unis. «Cette semaine, un centre de démonstration entre en activité en Chine, à Shanghai, et permettra de soutenir l’équipe de technico-commerciaux en place depuis vingt ans», ajoute le dirigeant.

Depuis son rachat en 2012, Bumotec réalise une progression annuelle à deux chiffres, que ce soit au niveau des entrées de commandes ou du chiffre d’affaires. Celui-ci est confidentiel, tout comme les bénéfices. Avec quelque 170 collaborateurs, la société encore basée à Sâles (FR) pourrait franchir la barre des 100 machines livrées cette année. La future usine a été dimensionnée pour au moins 250 collaborateurs.

«Nous sommes très bien positionnés dans l’horlogerie et la joaillerie, et notre force réside dans la capacité à résoudre les problèmes de production de nos clients», estime le dirigeant. En comparaison de la concurrence asiatique, les prix (de 300 000 francs à 1,5 million la machine) sont certes assez élevés, mais la prestation globale fournie par Bumotec est reconnue dans le milieu de la machine-outil. «Outre les aspects techniques, nous sommes également en mesure de nous adapter au code couleur de nos clients, si bien qu’ils peuvent obtenir la teinte qu’ils désirent», raconte Charles Denervaud, responsable du marketing, en traversant les ateliers.

Pour profiter encore plus de cette vague du luxe, Bumotec a lancé une nouvelle gamme de centres d’usinages (trois axes linéaires), baptisée S100 et dédiée entre autres aux mouvements horlogers. «Nous effectuons par ailleurs une percée dans le médical dans différentes régions du monde, en Allemagne et aux Etats-Unis en particulier», complète Jean-Daniel Isoz. Rappelons que la filiale de Starrag Group est également active dans l’aéronautique et autres petites pièces mécaniques de très haute précision.

Depuis son arrivée en mai 2012, ce dernier est impressionné par la dynamique de la PME: «Notre rentabilité est très bonne, indique-t-il, mais nous y travaillons tous les jours, en commençant par garder une structure dirigeante et administrative la plus légère possible.» Outre le fait qu’elle bénéficie désormais de la centrale d’achats du groupe de Walter Fust, Bumotec vient de lancer un projet de «lean manufacturing» afin d’optimiser les surfaces et les flux de production, en vue de réduire le temps de fabrication des machines. «Un consultant nous accompagne dans cette démarche et nous visons un gain de 25 à 30%», glisse le directeur.

Et dans cinq ans? Les bâtiments actuels, non reliés par des passerelles, auront été vendus, pour un ordre de grandeur de 7 millions de francs. «Surtout, nous avons le potentiel pour doubler le chiffre d’affaires», assure Jean-Daniel Isoz.

«Sans prétériterle marché suisse, nous voulons désormais offrir nos produits au monde entier»