Boom ambitionne de lancer un successeur au Concorde, qui a effectué son dernier vol commercial en novembre 2003. La start-up américaine a présenté mardi un premier prototype, à l’échelle un tiers, devant démontrer sa capacité à concevoir et à faire voler un avion supersonique. Elle rêve de premiers vols commerciaux dès le début des années 2020.

Pour réussir là où Aérospatiale et British Aircraft Corporation ont échoué, Boom veut tirer profit «de cinquante progrès technologiques», explique Blake Scholl, son fondateur et patron. Plus léger et plus aérodynamique, son avion, qui n’a pas encore de nom officiel, consommera ainsi beaucoup moins de carburant. «Le Concorde était une merveille technologique mais ses coûts d’opération étaient très importants», souligne le responsable.

Aller-retour à New York pour 5000 dollars

Selon la start-up, les compagnies aériennes pourront ainsi proposer un aller-retour transatlantique à 5 000 dollars, un prix similaire à celui d’un vol actuel en classe affaires. «Pour le même prix, vous pourrez voyager deux fois plus vite», se réjouit l’entrepreneur. L’avion pourra transporter 45 passagers, contre une centaine pour son ancêtre européen. «C’est similaire au nombre de sièges en classe affaires et en première classe», justifie Blake Scholl. Ainsi, poursuit-il, les compagnies aériennes pourront facilement le remplir.

Sur le papier, l’appareil pourra atteindre une vitesse de croisière de Mach 2,2 (2,2 fois la vitesse du son), soit près de 2 300 kilomètres par heure. C’est légèrement plus que le Concorde. Et environ 2,5 fois plus rapide que les avions de ligne actuels. Les temps de vol seront ainsi divisés par plus de deux: moins de trois heures et demie entre New York et Londres, six heures entre Los Angeles et Sydney.

Virgin achètera les dix premiers avions

«Les compagnies aériennes sont fortement intéressées par notre projet», assure Blake Scholl. Il imagine déjà son avion effectuer plus de 500 liaisons dans le monde. Et chiffre la demande à 1 300 appareils au cours des dix premières années. Avec un prix catalogue de 200 millions de dollars, «cela représente un potentiel de 260 milliards de dollars».

En mars, la jeune entreprise a signé un important partenariat avec Virgin. La société du milliardaire britannique Richard Branson, qui possède la compagnie Virgin Atlantic, a posé une option pour acheter les dix premiers appareils produits par Boom. Une autre compagnie européenne, dont l’identité n’a pas été révélée, souhaite acquérir les quinze suivants.

Boom, qui ne compte pour le moment qu’une trentaine d’employés, principalement des ingénieurs, va par ailleurs bénéficier de l’appui technologique de Virgin Galactic, l’entreprise de tourisme spatial de Richard Branson. La start-up prévoit d’effectuer ses premiers vols d’essai avant la fin de l’année prochaine. «Plusieurs années seront nécessaires pour effectuer tous les tests et pour obtenir le feu vert des autorités», prévient son patron. A long terme, l’objectif, assure-t-il, est «de relier n’importe quelles villes dans le monde en moins de cinq heures et pour seulement 100 dollars».