Innovation

La start-up chinoise qui défie Apple et Netflix sur leurs terres

L'ambitieuse entreprise prévoit de lancer un service de streaming vidéo et de vendre ses smartphones et télévisions

C’est un improbable défi que s’est lancé Jia Yueting, le fondateur et patron de la start-up chinoise LeEco: défier sur leurs terres les géants de la Silicon Valley. Apple, Netflix ou encore Tesla. Les ambitions de l’entrepreneur paraissent presque sans limite.

LeEco (contraction de Le Ecoystem, «Le» signifiant heureux en chinois) a été fondée en 2004. A l’époque, la société s’appelle LeTV. Elle fait ses débuts avec un service de streaming vidéo, ce qui lui vaut d’être rebaptisée le «Netflix de Chine». Très vite, elle se diversifie. Elle fabrique des télévisions et des boîtiers télé connectées. Elle possède aussi ses propres studios de production de séries et de films.

Une nébuleuse de sociétés

L’entreprise, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de dollars au premier semestre, est cotée à la bourse de Shenzhen depuis 2010. Sa capitalisation avoisine les 14 milliards de dollars. Au fil des ans, elle s’est transformée en holding, devenant une nébuleuse de sociétés plus ou moins indépendantes. Toutes sont reliées financièrement à la maison-mère, mais leur structure d’actionnariat varie.

Certaines sont notamment financées directement par l’entrepreneur, d’autres par des investisseurs privés. La liste ne cesse de s’agrandir: LeMobile (smartphones), LeVR (casques de réalité virtuelle), LeCloud (cloud computing), LeCredit (prêts sur Internet) ou encore LeSports (diffusion de rencontres sportives).

Lire aussi:  Avec le nouveau casque de Samsung, la réalité virtuelle effectue un pas de géant

LeEco s’intéresse aussi à l’automobile. Le groupe finance la mystérieuse start-up Faraday Future. En début d’année, il a aussi conclu un partenariat avec le constructeur britannique Aston Martin pour concevoir une voiture électrique. Et en mai, il a dévoilé LeSEE, un prototype de voiture électrique sans chauffeur. «Nous ne voulons pas seulement bâtir une voiture, indique Jia Yueting à l’agence Reuters, mais un terminal mobile intelligent, doté de quatre roues et semblable à un smartphone».

Lire aussi: Le mystérieux constructeur Faraday Future dévoile son premier prototype

La société prévoit de déclencher son offensive américaine cet automne. Elle devrait commencer par le lancement d’un service de vidéos en ligne. La société assure négocier un partenariat avec Netflix, mais cette information a depuis été démentie par le principal intéressé. LeEco devrait également commercialiser ses télévisions et ses smartphones aux Etats-Unis. «Apple n’innove plus, assure Jia Yueting. Ils sont dépassés».

Un problème de nom

La mission s’annonce cependant compliquée. «La marque représente le principal problème des entreprises chinoises qui tentent de s’imposer aux Etats-Unis, explique Carolina Milanesi, analyste chez Creative Strategies. Et dans ce domaine, LeEco ne se facilite pas la tâche avec son nom bizarre, difficile à prononcer pour les Américains». C’est peut-être pour cela que l’entreprise chinoise a annoncé, fin juillet, son intention de racheter Vizio, un fabricant américain de télévisions haut de gamme, pour deux milliards de dollars.

Pour mettre toutes les atouts de son côté, la société chinoise a ouvert, en avril, des bureaux dans la Silicon Valley. Elle y emploie désormais plus de 300 personnes, offrant des salaires plus élevés que ceux du marché pour attirer des ingénieurs. Et elle voit encore plus grand. En juin, elle a acheté 5000 mètres carrés de terrain à Santa Clara, jusqu’à présent détenus par Yahoo. Montant de la vente: 250 millions de dollars.

Lire aussi: Rachat par Verizon: Yahoo! se déleste de ses activités centrales

LeEco a par ailleurs obtenu l’autorisation de bâtir près de 30 000 mètres carrés de bureaux sur cette parcelle. Assez pour abriter environ 12 000 employés. Soit presque autant que le nombre de salariés de Facebook dans le monde.

Publicité