«Au départ, beaucoup de gens étaient sceptiques. Ils considéraient que les Suisses n’avaient pas besoin d’offres à 50%, puisqu’ils avaient assez d’argent.» Nicolas Bürer, directeur vente et marketing chez DeinDeal.ch, ne cache pas sa fierté. Créée il y a trois ans, la start-up zurichoise revendique le titre de «leader national des achats groupés sur Internet», devant le poids lourd américain Groupon.

Aujourd’hui, près de 600 000 personnes sont inscrites à la newsletter quotidienne de DeinDeal.ch. Chaque jour, le site enregistre jusqu’à 100 000 visites et vend 2000 bons. L’entreprise affiche une croissance de 48% entre 2011 et 2012, avec un chiffre d’affaires qui est passé de 35 à 52 millions de francs. Si l’année passée «le déficit a été de plusieurs millions de francs, l’objectif 2013 est de devenir ren­table tout en maintenant une croissance importante», indique Nicolas Bü­rer.

En 2011, DeinDeal.ch a vu Ringier (actionnaire du Temps à 46,23%) prendre la majorité du capital, une opération «stratégique pour accélérer notre croissance, explique-t-il. Ils ont investi de l’argent en parallèle au rachat des actions.» Ces sommes, qui se comptent en millions de francs, ont principalement contribué au développement du marketing et du personnel de l’entreprise. «C’était la meilleure option pour avoir la plus grande visibilité possible. Sans Ringier, nous serions très loin du chiffre d’affaires actuel», admet le responsable commercial.

Des cinq fondateurs en 2010, DeinDeal.ch est passé à une entreprise d’environ 120 employés. «Nous avions 190 collaborateurs début 2012, mais nous avons dû réduire pour devenir rentables. Nous avions vu trop gros», reconnaît Nicolas Bürer. Le bureau romand ouvert à Lausanne fin 2011 a dû fermer un an plus tard. «Nous ne projetons pas d’ouvrir un nouveau bureau dans les années qui viennent, poursuit-il. Notre processus interne et notre modèle d’affaires évoluent si vite que nous devons rester centralisés. Le jour où l’on se stabilisera, la situation sera réévaluée.»

Trois réclamations en 2012

Le principe de DeinDeal.ch: proposer des rabais sur des services de commerces locaux, des voyages, ainsi que différents produits. Les commerçants locaux acceptent de pratiquer des prix bas «parce que, pour ces entreprises, c’est du marketing. On peut nous comparer au système d’annonce dans les journaux», assure Nicolas Bürer. Concernant le secteur produits, le responsable commercial voit dans le volume potentiel de clients un argument de poids pour les fournisseurs, qui «sont donc plus souples au niveau des prix».

Qu’en pensent les clients? «Concernant DeinDeal, nous n’avons quasiment jamais eu de problème, répond Valérie Muster, juriste à la Fédération romande des consommateurs (FRC). Les plaintes concernaient plutôt Groupon. Il s’agissait de prestataires de services qui ne jouaient pas le jeu. Mais ça s’est tassé depuis.» En 2012, seules trois réclamations relatives à DeinDeal.ch ont été enregistrées par la FRC. Moins de dix cas ont été répertoriés pour ce début d’année 2013. Il s’agit d’offres non reçues ou de retards de livraison. Pour la juriste de la FRC, tant les prestataires de services que les sites d’e-commerce ont intérêt à respecter les règles du jeu: «Sur Internet, on vend vite, mais on peut aussi très vite couler.»

Pour DeinDeal.ch, les affaires continuent. L’entreprise poursuit sa stratégie de communication sur Facebook et Google. «Nous souhaitons individualiser notre rapport avec les utilisateurs, savoir ce qui pourrait les intéresser, explique Nicolas Bürer. Nous désirons également développer notre offre de produits et diminuer radicalement nos délais de livraison.»