Les start-up issues de l’EPFLont doublé leurs levées de fonds

Technologie Le campus d’Ecublens héberge quelque 110 sociétés

L’année 2014 s’achève sur un chiffre record pour les start-up de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Celles-ci ont levé plus de 220 millions de francs de capitaux privés, soit deux fois plus que l’année précédente. «Depuis 2010, environ un demi-milliard de francs a été investi par des privés, qui ont parié sur le potentiel de ces jeunes entreprises», peut-on lire dans un communiqué de presse diffusé hier.

Toutefois, les chiffres doivent être relativisés. Sur ces 220 millions de francs, 35 millions concernent des start-up qui ne développent pas des technologies mises au point à l’EPFL. En ce qui concerne les spin-off qui exploitent une découverte ou une invention issue des laboratoires de l’école, celles-ci ont levé un total de 185 millions de francs. Active dans la recherche autour des maladies auto-immunes, Anokion a, par exemple, bouclé une ronde de financement qui lui a permis de lever 33 millions de francs auprès notamment de Novartis Venture Fund. La jeune entreprise a développé une technologie de recyclage des globules blancs utiles pour soigner notamment la sclérose en plaques. Les premiers essais cliniques sont prévus en 2017.

Mais certains spin-off de l’EPFL ne résident pas sur le site d’Ecublens, à l’exemple de Mitokyne, basée à Cambridge, qui a signé un accord de recherche exclusif avec le groupe japonais Astelas Pharma portant sur un soutien financier de 30 millions de dollars durant cinq ans. C’est également le cas pour Biocartis, qui a levé l’année passée 78 millions de francs pour sa plateforme de diagnostics moléculaires entièrement automatisée mais qui n’a conservé qu’une petite base d’activité dans le quartier de l’innovation de l’EPFL. La majorité des emplois ont été créés en Belgique.

24 nouvelles start-up

Le nombre de start-up fondées en 2014 a doublé: 24 contre 12 en 2013. Cinq d’entre elles sont actives dans le domaine de l’informatique, cinq en biotechnologie, quatre en technologie médicale. Les autres sont spécialisées en mécanique, micronanotechnologie, électronique ou dans les domaines des capteurs et de l’environnement. Certaines sociétés ont été rachetées, à l’exemple d’Aïmago, Jilion ou Sensima. D’autres ont cessé leurs activités. «Le taux de survie des sociétés qui ont moins de dix ans atteint 85%, alors qu’il est de 45% pour celles qui ont plus de dix ans», note Hervé Lebret, responsable sur le campus du programme Innogrants.

700 emplois

Désormais, le Parc de l’innovation de l’EFPL héberge quelque 110 start-up, ce qui a permis la création d’environ 700 emplois. «Une véritable culture des start-up est en train d’émerger à l’EPFL et dans la région. La tendance actuelle est de très bon augure, constate Hervé Lebret. Près de 15% des fonds sont allés à de très jeunes start-up qui démarrent leurs activités.» A cet effet, un tiers des spin-off de l’EPFL ont été créés grâce aux Innogrants. Ce fonds de démarrage financé par l’école, permet d’assurer pendant un an le salaire d’une personne porteuse d’un projet prometteur, généralement un chercheur ou un étudiant.