Transport

La start-up lausannoise BestMile veut dominer le secteur des navettes autonomes

La société a levé 2 millions de francs supplémentaires et prévoit d'en récolter jusqu'à 20 d'ici à la fin de l'année. Sa plateforme permet de faire communiquer plusieurs véhicules sans pilote sur un même site. Après les navettes à Sion, plusieurs nouveaux projets sont en cours

BestMile veut devenir un acteur incontournable dans le marché des voitures autonomes. La start-up lausannoise, qui a développé un programme permettant de coordonner l’ensemble des véhicules sans pilote sur un même site, doit grandir pour se faire un nom auprès des constructeurs avec qui elle est déjà en contact.

Après l’obtention de 3,5 millions de francs en 2016, elle vient de lever 2 millions de francs supplémentaires pour financer sa croissance et engager des collaborateurs. Une dizaine d’emplois seront prochainement créés majoritairement à Lausanne mais aussi à San Francisco et à Londres. Les fonds d’investissement français Partech Ventures et Serena Capital ainsi qu’Airbus Ventures ont participé à l’opération

D’ici à la fin de l’année, une nouvelle levée de fonds, beaucoup plus importante, aura lieu. La start-up espère récolter 15 à 20 millions de francs supplémentaires pour doubler ses effectifs en six à douze mois. BestMile compterait 80 à 100 collaborateurs. «Nous devons atteindre une masse critique pour travailler avec les grands acteurs de l’industrie automobile qui ont déjà manifesté de l’intérêt pour notre plateforme. Ces derniers sont majoritairement concentrés sur la construction des véhicules autonomes, leur électronique et leurs algorithmes. De notre côté, nous proposons la brique du dessus, à savoir une plateforme capable d’exploiter et d’optimiser une flotte de véhicules autonomes», explique Raphaël Gindrat, cofondateur de BestMile.

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Des projets au Japon, à Zoug 
ou à Fribourg

La technologie de la start-up permet, comme une tour de contrôle, de suivre chaque véhicule en temps réel tout en optimisant le temps d’attente, les croisements, les trajets ou les pannes éventuelles. A Sion, deux navettes CarPostal sans pilote fonctionnent déjà tous les jours grâce à la technologie de BestMile. De plus en plus de tests grandeur nature sont menés partout dans le monde. En France, la start-up contrôle désormais des navettes dans une zone piétonne à Lyon et six véhicules autonomes sur le site d’une centrale nucléaire EDF vers Poitiers.

Des tests similaires sont en discussion, notamment sur un campus au Japon et dans un grand aéroport européen. Dès cet été, un projet avec les Transports publics fribourgeois (TPF) verra le jour. Des navettes autonomes circuleront dans la commune fribourgeoise de Marly. Ces véhicules permettront aux pendulaires de relier le Marly Innovation Center (MIC) au reste des lignes des TPF. Comme les modèles circulant dans la ville de Sion, les navettes électriques proviennent du constructeur français Navya. Limité à une vitesse de croisière de 25 km/h, chaque véhicule permettra d’accueillir 11 passagers. La ville de Zoug a également présenté une flotte de véhicules sans chauffeur qui circulera dès cet été avec des arrêts définis entre la gare et le pôle technologique de Zoug.

Une flotte de taxis autonomes

Concernant les voitures totalement autonomes, celles-ci arriveront sur le marché dès 2020 selon les projections des spécialistes. «Les constructeurs devront choisir une technologie d’ici six à dix-huit mois avec laquelle ils souhaitent travailler. Il n’est pas possible d’offrir des services de mobilité avec des véhicules autonomes sans une plateforme de coordination et d’optimisation comme celle que nous fournissons, explique Raphaël Gindrat. Notre système est conçu pour gérer à terme des dizaines de milliers de véhicules. Aujourd’hui nous avons quelques concurrents annoncés mais aucun avec un produit équivalent et fonctionnel sur le marché. Ces concurrents sont principalement des entreprises qui fournissent des logiciels de gestion de flottes pour véhicules classiques qui cherchent à développer la technologie nécessaire à la gestion de véhicules autonomes.»

En 2015: Six minibus autonomes testés à l’EPFL

Selon le cofondateur de BestMile, «posséder une voiture autonome privée, coûteuse et contraignante en termes de maintenance, ne fera pas vraiment sens. Je pense que dans le futur on se déplacera surtout en bus ou taxis autonomes gérés par différentes compagnies. Nous nous acheminons vers des flottes de voitures en autopartage. On se déplacera par exemple d’une ville à l’autre en train, puis on effectuera la dernière partie du trajet en louant une voiture autonome ou grâce à une flotte de taxis autonomes.»

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