La start-up lausannoise Coorpacademy lève 3,8 millions

Formation Debiopharm investit dans la plateforme de cours en ligne pour entreprises développée à l’EPFL

«Nous avons pris le temps, mais nous avons eu le luxe de pouvoir choisir nos investisseurs, car la formation en ligne pour les entreprises est un thème particulièrement porteur», se félicite Jean-Marc Tassetto. Cet ex-directeur de Google France a fondé Coorpacademy sur le site de l’EPFL avec Arnauld Mitre et Frédérick Bénichou il y a un peu plus d’une année. Lundi, la start-up a annoncé avoir réalisé un premier tour de financement de 3,2 millions d’euros (3,8 millions de francs) auprès de deux investisseurs: Debiopharm Investment à Lausanne et Next­Stage, une société de capital-développement française.

Ainsi, après les MOOCs, ces cours massifs en ligne destinés aux étudiants, voici les COOCs (Corporate Open Online Courses). «L’idée est de reproduire le succès de cet e-learning moderne auprès des entreprises, afin d’assurer une formation des collaborateurs permanente et adaptée aux outils numériques», poursuit le dirigeant.

«Coorpacademy fait partie des quatre domaines dans lesquels nous investissons, relève Thierry Mauvernay, administrateur délégué de Debiopharm Group. Je crois que cette formation pour les entreprises va être encore plus nécessaire que celle pour les étudiants.» Mieux, Debiopharm planche à son tour sur un projet afin d’exploiter cette plateforme. «C’est notamment très intéressant dans le secteur de la vente, surtout lorsque vous êtes actifs dans plus de 100 pays comme nous.»

Et même si la société lausannoise affiche déjà quelque 200 000 utilisateurs et de prestigieux clients (l’Alimentarium de Vevey, Société Générale, Pernod Ricard, GDF Suez, etc.), elle entame désormais une course pour imposer sa plateforme comme la référence en Europe. «Nous avons développé un cours sur la culture digitale qui marche très fort et ­notre plateforme offre une pédagogie adaptée aux cours en ligne, comme le fait par exemple de pouvoir défier son collègue sur un jeu. Mais nous devons encore poursuivre les développements pour ajouter d’autres fonctionnalités et investir dans des formats innovants», indique Jean-Marc Tassetto.

Conséquence: la start-up recrute, notamment des ingénieurs. Ainsi, le nombre de collaborateurs sur le site de l’EPFL, actuellement de quatre, devrait grimper à plus de dix dès l’été prochain. La société possède également une filiale à Paris, qui emploie une vingtaine de personnes, mais la recherche et développement est essentiellement réalisée en Suisse.

Une journée décisive

Le cofondateur revient sur le choix des associés d’établir la société à Lausanne: «Quand je suis venu visiter l’EPFL, connue pour son expertise dans les MOOCs, j’ai rencontré en une journée le professeur Pierre Dillenbourg, la responsable du transfert de technologie et Patrick Aebischer. Convaincu de la nécessité d’être proche de la recherche pédagogique, le soir même, je signais le bail pour des locaux sur le campus.»

Depuis, la start-up entend bousculer le marché de la formation continue, estimé à 150 milliards de dollars dans le monde, selon le communiqué de presse. «Outre des tarifs dix fois inférieurs aux organismes traditionnels de formation continue, nous accompagnons les sociétés pour répondre au plus près à leurs besoins concrets. Par exemple, avec Renault, nous avons mis sur pied un cours préparant à l’arrivée d’un nouveau modèle de voiture», illustre Jean-Marc Tassetto. Les PME ne seront pas laissées de côté, assure-t-il, «car une formation professionnelle de qualité est nécessaire dans toutes les entreprises».