Technologie

La start-up OneWeb veut bâtir un Internet spatial

La société américaine prévoir de lancer 650 satellites afin d’offrir un accès à Internet dans les régions qui en sont encore dépourvues

Depuis près de 15 ans, Greg Wyler a une obsession: relier le monde à Internet. Après une première tentative au Rwanda, cet entrepreneur s’est lancé dans un nouveau défi. Avec sa société OneWeb, il ambitionne de déployer une constellation de satellites capables de fournir une connexion aux régions les plus reculées ou les plus pauvres du monde.

Le mois dernier, la start-up spatiale américaine a franchi une étape importante, procédant à une importante levée de fonds, d’un montant de 1,2 milliard de dollars. Sur cette somme, un milliard de dollars va être apporté par le groupe japonais Softbank, qui a promis début décembre d’investir 50 milliards aux Etats-Unis au cours des quatre prochaines années. Le groupe Internet japonais détiendra une participation de 40%. Il rejoint ainsi Airbus, Virgin, Qualcomm et même Coca-Cola dans le capital de la start-up.

Une flotte de 650 satellites

OneWeb a été fondé en 2012. Greg Wyler était déjà à l’origine du projet O3b Network – The Other 3 Billion, en référence aux trois milliards de personnes qui ne sont pas raccordées au Web. Il souhaite placer en orbite 650 satellites de petite taille, dont le poids sera de 150 kilos, à une altitude d’environ 1200 kilomètres – contre un peu moins de 36 000 kilomètres pour les satellites géostationnaires. Le premier lancement est espéré début 2018. Et l’ouverture du service en 2019.

Les connexions par câble ou par fibre ne sont pas économiquement viables dans beaucoup de régions du monde.

«Les connexions par câble ou par fibre ont été conçues pour les pays riches. Elles ne sont pas économiquement viables dans beaucoup de régions du monde, explique Greg Wyler. Les satellites permettent de fournir une connexion haut débit à grande échelle et à moindre coût.» La société américaine rêve d’atteindre les 100 millions de clients d’ici à 2025.

«Dans dix ans, si nous avons réussi à fournir un accès à chaque village, et pas seulement pour une minorité mais pour l’ensemble de la population, nous aurons alors accompli quelque chose d’important pour l’humanité», poursuit son directeur général. «Mais cela sera aussi un vrai business, ajoute-t-il. Notre modèle économique repose sur la commercialisation d’une infrastructure aux fournisseurs d’accès à Internet ou aux gouvernements.»

Associé à Airbus

Pour concevoir ses satellites, OneWeb s’est associé avec Airbus. Les bureaux d’études sont ainsi situés à Toulouse, en France, où seront aussi produits les dix premiers appareils. Le reste sera fabriqué en Floride, à un rythme de quinze unités par semaine. L’entreprise estime que la production de sa constellation coûtera entre 2,5 et 3,5 milliards de dollars. Avec 1,7 milliard levé auprès d’investisseurs, elle ne dispose donc pas encore des moyens de ses ambitions.

Greg Wyler n’est pas le seul à vouloir bâtir un «Internet spatial». Boeing a présenté cet été un projet visant à lancer jusqu’à 3000 satellites. L’an passé, SpaceX s’était dit prêt à investir jusqu’à dix milliards de dollars afin de mettre 4000 satellites en orbite. «Un système plus grand que tout ce qui a été imaginé jusqu’à présent», promettait Elon Musk son fondateur. SpaceX a obtenu le soutien de Google, qui a injecté un milliard de dollars.

Les déboires de Google et Facebook

Le géant du Web disposait jusqu’à l’an passé d’un projet interne. Mais celui-ci a été abandonné, notamment suite au départ de Greg Wyler, que Google avait recruté quelques mois plus tôt. De même les ambitions spatiales de Facebook ont connu un coup d’arrêt en septembre avec l’explosion du lanceur Falcon 9, de SpaceX. Celui transportait en effet le premier satellite du réseau social, qui devait fournir dès l’année prochaine une connexion Internet haut débit dans une quinzaine de pays africains.

Les deux entreprises se consacrent désormais sur d’autres moyens de fournir une connexion à Internet, comme les ballons gonflés à l’hélium Loon chez Google et les drones Aquila chez Facebook. Autant de concurrents potentiels pour les satellites de OneWeb.


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