Nom de code: Humagora. Organisée par la fondation Philias, cette plateforme de mise en relation des secteur privé, public et non lucratif – avec pour but de susciter des partenariats – ouvre ses portes le 11 novembre dans les locaux de la FER à Genève. Points d’orgue de ce 11e rendez-vous, unique à l’échelle nationale: un dialogue intergénérationnel, entre des jeunes et des chefs d’entreprise (ABB, Payot et SIG). Mais aussi des visites d’associations par des dirigeants, pour les sensibiliser à certaines réalités de terrain. Entretien avec un représentant de la nouvelle garde des entrepreneurs socialement responsables, François Briod, cofondateur de la start-up lausannoise TawiPay.

Le Temps: Les start-up ont-elles un impact social plus important que les entreprises traditionnelles?

François Briod: Les entreprises en démarrage, actives dans les nouvelles technologies, contribuent davantage à l’innovation sociale. Leur modèle d’affaires étant dématérialisé, leur champ d’action devient, potentiellement, mondial et non plus strictement local ou national.

– Certes, mais les technologies sont, par essence, neutres.
– Les jeunes pousses n’ont pas toutes pour vocation d’être socialement responsables. Mais beaucoup choisissent de se profiler socialement. Car l’esprit start-up est davantage axé sur la responsabilité individuelle, C’est même une valeur de plus en plus recherchée par les recrues potentielles, appartenant à la génération «Y». Personnellement, j’accorde autant, si ce n’est davantage d’importance aux valeurs véhiculées par l’entreprise pour laquelle je travaille, qu’à mon salaire.

– Il y a donc un aspect générationnel à votre démarche.
– Tout à fait. J’ai 24 ans et les jeunes de mon âge sont davantage soucieuses de leur rôle communautaire. Non pas par utopie, mais par conscience de disposer d’outils pratiques pour mettre en œuvre plus facilement leurs valeurs.

– Concrètement, à travers quel mécanisme cette vocation sociale se traduit-elle dans vos activités?
– Notre modèle est intrinsèquement responsable. L’action sociale de TawiPay est directe. Les transferts internationaux d’argent comportent en moyenne 8% de frais de transaction. Selon la région de destination, les coûts peuvent atteindre les 20%. TawiPay permet de lutter contre l’ignorance des frais cachés liés à ces transactions, sachant que jusqu’à 50% des coûts peuvent être générés lors de conversions de devises. En comparant les différents services, TawiPay aide à réaliser des économies de l’ordre de 28 milliards de dollars, tout en stimulant la concurrence entre les différents opérateurs.

– Comment vous financez-vous?
– Grâce à des commissions et autres rétrocessions, variables selon les volumes de transferts générés. Mais nous réfléchissons aussi à des modèles de financement alternatifs, notamment par la publicité.

– Quel est votre chiffre d’affaires?
– Pour l’heure, il est très raisonnable. Sachant qu’à ce jour, 120 000 personnes utilisent notre plateforme. TawiPay, qui a été fondé en 2013 mais n’est inscrit au registre du commerce que depuis le début de cette année, emploie 4 personnes [équivalents plein-temps].

– Qu’attendez-vous de cette 11e édition d’Humagora?
– C’est une occasion extraordinaire de rencontrer des personnes qui ont les mêmes intérêts que moi et de partager avec elles mon parcours. J’ai aussi vocation à faire de la sensibilisation auprès des associations locales, pour leur faire comprendre leur chance de pouvoir élargir leur terrain d’influence grâce aux nouvelles technologies.