Santé

La start-up vaudoise qui promet de doper la recherche contre le cancer

Qgel vient de lever 12 millions de dollars, via de nouveaux investisseurs privés. L’entreprise satellite de l’EPFL cherche à tirer parti d’une demande en forte accélération, provenant notamment des grandes sociétés pharmaceutiques

Qu’il provienne du sein, du cerveau, des poumons, du côlon, des reins, de la peau, du placenta ou de la prostate, chaque cancer peut être pharmacologiquement testé à une échelle industrielle. Plus rapidement et à moindres frais que via la traditionnelle expérimentation animale.

C’est en tous les cas le pari qu’a lancé Qgel en 2009. «Notre technologie permet, en partant par exemple d’une seule biopsie, de cultiver in vitro, et en trois dimensions, plus de 2000 mini-tumeurs», résume Colin Sanctuary, cofondateur de la pépite lausannoise qui vient de lever 12 millions de dollars, doublant ainsi son dernier tour de financement intervenu deux ans plus tôt. L’avantage du procédé Qgel: la possibilité de comparer simultanément l’efficacité de différents médicaments, administrés selon un processus automatisé sur des milliers d’échantillons.

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L’invention de la spin-off de l’EPFL consiste en la fabrication en laboratoire – imitation de tissus ou cellules grâce à des biomatériaux de synthèse – de modèles réduits d'organes humains, appelés «organoïdes». «Nous élaborons et commercialisons différents hydrogels, capables de reproduire la matrice extra-cellulaire correspondant à tel ou tel type de tumeur cancéreuse à combattre», précise Colin Sanctuary, qui qualifie sa découverte de disruptive.

Le dernier apport d’argent frais provient de nouveaux investisseurs privés. Parmi lesquels figurent «trois entrepreneurs, au bénéfice d’un profil medtech, pharmaceutique ou industriel», indique le cofondateur de Qgel. Objectif de l’opération: répondre à une demande, provenant de clients internationaux, «en forte accélération depuis mars dernier». Et élargir la gamme de produits existants.

Hausse des effectifs et déménagement

«Nous naviguons dans un contexte industriel exigeant, guidé par la preuve scientifique, explique Colin Sanctuary. Heureusement, après plusieurs années de collaboration, nous avons gagné la confiance de certaines entreprises pharmaceutiques.» Au travail de fond, s’ajoute un engouement spontané, provenant de nouveaux clients attirés par l’argumentaire disponible sur le nouveau site internet de Qgel.

Bilan: la jeune pousse cherche à s’étendre. «Pour répondre à la rapide croissance de nos activités, nous étudions plusieurs options d’expansion et envisageons d’étoffer nos effectifs avec davantage d’ingénieurs et de laborantins», conclut Colin Sanctuary. Pour l’heure, QGel emploie neuf salariés et son site actuel peut déjà accueillir une dizaine de collaborateurs supplémentaires.

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