Revapost veut sécuriser l’envoi d’e-mails

Messagerie La start-up a signé avec Skiset

La start-up lausannoise Revapost a trouvé un premier client, l’entreprise française Skiset, un réseau de location de skis en Europe comprenant 800 magasins. «Le groupe avait besoin de sécuriser ses contrats avec les tour-opérateurs et les franchisés. Il voulait aussi éviter le vol éventuel de sa base de clients», explique Bruno Enten, directeur de Revapost, une start-up qui a développé un service permettant de sécuriser les messageries électroniques. «Notre serveur s’intercale entre le fournisseur et les logiciels de messagerie.»

L’utilisateur n’a donc pas à changer ses habitudes. Les e-mails envoyés sont hébergés sur un serveur sécurisé. Le client peut choisir son centre de données. Revapost travaille par exemple avec BrainServe à Crissier (VD) pour le compte de Skiset. Les e-mails sont ainsi stockés, encryptés puis envoyés au destinataire. Celui-ci doit s’identifier pour accéder au message. «Chaque e-mail envoyé est authentifié et certifié», note Bruno Enten, cofondateur de la start-up avec Florian Bertholi. Ils espèrent convaincre banquiers, notaires et avocats. Des professions où la confidentialité est indispensable.

Coût du service: 2 francs par mois pour les particuliers et 15 francs par mois et par utilisateur pour les entreprises. «Le tarif est dégressif, précise Bruno Enten. Nous espérons enregistrer 100 000 utilisateurs en 2015. D’ici à trois ans, nous aimerions générer 11 millions de chiffre d’affaires et compter 30 collaborateurs.» Basée sur le parc de l’innovation de l’EPFL, la start-up recherche 1,2 million de fonds externes pour engager quelques commerciaux.

Taille illimitéepour les pièces jointes

Revapost permet également d’envoyer des pièces jointes, quel que soit le nombre de mégas.

Malgré ses limites et ses risques, la messagerie électronique est un outil indispensable, dont le nombre d’utilisateurs ne cesse d’augmenter. «Envoyer un e-mail, c’est comme si l’on faisait parvenir une carte postale. Beaucoup de gens peuvent la lire», avertit Bruno Enten. Lorsque l’on envoie un e-mail, il franchit une série de serveurs avant d’atteindre son destinataire. Autant de copies générées et, donc, de points d’écoute potentiels.

Plusieurs sociétés commercialisent des «enveloppes» pour courriers électroniques. Il s’agit de technologies permettant de signer et chiffrer ses courriels. Les interlocuteurs sont alors les seuls à pouvoir les décrypter. «Nous ne sommes pas partis dans cette direction, précise Bruno Enten. Il s’agit d’une solution qui comporte un risque. En cas de perte de sa clé cryptographique, personne ne sera en mesure de récupérer l’e-mail.»