Boucheries, boulangeries, épiceries, maraîchers, fromagers, traiteurs ou vignerons des villes et villages s’unissent pour mieux affronter la concurrence des commerces en ligne. Dès la semaine prochaine, la plateforme Youpaq proposera aux consommateurs de faire leurs courses sur un supermarché virtuel regroupant des magasins de proximité. «Nous allons démarrer avec les villes de Bulle et Yverdon-les-Bains, soit un total de six commerçants, explique Freddy Zompa, un entrepreneur de 51 ans qui a travaillé durant 25 ans dans l’industrie pharmaceutique. L’idée a démarré lorsqu’un jour, je voulais faire mes commissions à Vevey mais que je ne trouvais pas de place de parc.» Il s’est alors entouré de quatre personnes issues des métiers du web, du graphisme, de la communication et du commerce de détail pour créer sa start-up. «Je suis convaincu qu’à terme, tous les commerces devront franchir le pas et se mettre à la vente en ligne. Et leur union fera la force», dit-il.

A la différence des paniers de fruits et légumes livrés à domicile – à l’exemple de Farmy.ch ou Vitarverdura.ch –, ou des sites de commerces en lignes, comme LeShop.ch, la plateforme Youpaq permet de faire toutes ses courses, mais uniquement chez des commerçants de proximité. «Nous ne proposons pas que des fruits et des légumes. Mais tout ce que l’on trouve dans un supermarché, à l’exemple des produits de lessive, du papier ménage et des boissons. Nous aurons des milliers d’articles en ligne, précise Freddy Zompa. Le consommateur pourra naviguer de magasin en magasin depuis un seul site, avec un paiement unique.»

Monnaie virtuelle

Contrairement à certains commerces en ligne qui livrent à domicile, la plateforme Youpaq regroupera les commandes des consommateurs qui devront retirer leurs courses dans un lieu défini. «Il s’agira à chaque fois de hubs faciles d’accès, avec place de parc», précise Freddy Zompa qui espère convaincre 40 commerces d’ici la fin de l’année. Et pour 2017, il souhaite être présent dans 40 villes et regrouper 200 commerçants. Chacun d’entre eux devra payer une licence pour être en ligne puis verser des redevances en fonction du volume. Quant au consommateur, il devra ajouter à sa facture des frais de logistique de six francs par commande.

Parallèlement, la start-up Youpaq prévoit de développer un système de fidélité, une sorte de monnaie virtuelle locale. Chaque achat permettra de générer des points, réutilisables chez le coiffeur ou le restaurant du quartier.