Un site zurichois cartographieles start-up du monde entier

Entrepreneuriat StartupBlink veut devenir le guichetde référence pour l’écosystème des jeunes pousses

La plateformene sait pas encore comment elle gagnera de l’argent

Qui connaissait vraiment Composyt Light Labs, la start-up lausannoise qui travaille sur des lunettes connectées, avant son rachat la semaine dernière par le géant Intel? Cet exemple illustre la complexité de l’univers des start-up. Chaque jour, des projets naissent, certains rebondissent et d’autres disparaissent dans les limbes. Alors, comment s’y retrouver? StartupBlink, une société zurichoise, propose une plateforme qui cartographie les jeunes pousses sur tous les continents .

Cofondateur de la société, Eli David a eu cette idée en parcourant le monde pour son autre start-up, Lingolearn.com, une école de langues en ligne. «Le but est de sortir les créateurs de start-up de l’isolement. Nous voulons qu’ils puissent se situer, se comparer au marché et entrer en relation avec les autres», explique l’entrepreneur d’origine israélienne.

Cette nouvelle plateforme compte déjà près de 70 000 start-up répertoriées, avec des descriptions issues de bases de données. «D’ailleurs, la nôtre est obsolète», note Florent Schlaeppi, directeur général de Novertur, qui ne connaissait pas le site avant qu’on l’appelle lundi. Cette start-up lausannoise, dont l’outil veut faciliter l’internationalisation des PME, vient de signer avec son premier client institutionnel, Switzerland Global Entreprise (ex-Osec). Voilà le type d’information «blink» (pour clignotement) qui pourrait se retrouver sur la plateforme zurichoise. Bien que Forbes et d’autres médias aient déjà consacré quelques lignes au projet, les quelques start-up romandes contactées ne le connaissaient pas.

«Notre avantage compétitif est que nous sommes globaux alors que les autres sites sont plutôt locaux ou sectoriels, poursuit Eli David. De plus, nous ne nous intéressons pas seulement aux start-up, mais également aux accélérateurs, personnes d’influence, espaces de travail communautaires, etc.» Ainsi, alors que les plateformes concurrentes, comme AngelList ou CrunchBase se concentrent sur les levées de fonds, StartupBlink s’adresse à l’ensemble de l’écosystème. «Nous ne souhaitons pas seulement donner de l’information, mais pousser à l’interaction entre les start-up. Pour cela, nous allons encore accroître les fonctionnalités de notre plateforme en 2015.»

Soyons directs: Eli David et Roderick Warren, son associé, ne savent pas encore très bien comment ils vont générer des revenus à l’avenir. Autofinancés jusqu’à présent, ils veulent d’abord établir un guichet d’entrée unique pour les start-up au niveau mondial. «Nous sommes parfaitement à l’aise avec le fait que notre modèle n’est pas clair. Nous voulons créer de la valeur pour l’écosystème des start-up et sommes confiants que si cette valeur se crée, la monétisation suivra», précise Eli David. Ou pas, selon la formule.

«Nous sommesparfaitement à l’aise avec le fait que notre modèle n’est pas clair»