Allez dans un forum de l'emploi et discutez avec les étudiants présents. Vous y rencontrerez des jeunes souvent porteurs d'inquiétude quant à leur avenir professionnel. Comment avoir de l'expérience professionnelle quand on sort de cinq ans d'études? Comment multiplier les stages alors que les cursus académiques sont de plus en plus chargés? Comment choisir une profession d'avenir alors que le marché de l'emploi est si changeant? s'interrogent-ils.

Une enquête de l'Office fédéral de la statistique (OFS) réalisée en 2005 auprès des diplômés des hautes écoles, un an après la fin de leurs études, confirme que le passage des études à la vie professionnelle n'est pas si aisé. Le taux de sans-emploi, un an après la fin des études, était de 5,7% pour les universitaires et de 4,3% pour les diplômés des hautes écoles spécialisées (HES). Autre résultat marquant: six mois après la fin de leurs études, 63% des universitaires et 56% des diplômés HES occupaient un emploi correspondant à leurs qualifications. Vingt mois après la fin de la formation, 73% des universitaires et 61% des diplômés HES avaient trouvé un poste adéquat.

Cette enquête confirme encore que «dans les disciplines qui présentent un taux de sans-emploi plutôt faible (sciences de la construction, travail social, médecine et pharmacie), la recherche d'un emploi commence souvent durant les études. A contrario, dans les disciplines où le chômage est élevé au moment d'entrer dans la vie active, «les diplômés ont tendance à solliciter un emploi une fois leur formation achevée.» Cela concerne en général les diplômés des filières à faible orientation professionnelle.

S'il est devenu un peu plus difficile de trouver un emploi immédiatement à la sortie de ses études, une autre enquête de l'OFS montre qu'en Suisse, les diplômés s'en sortent au bout du compte assez bien. Cette étude a observé l'évolution professionnelle de jeunes diplômés de la volée de l'an 2000. Elle a mesuré leur insertion professionnelle cinq ans après la fin de leurs études. Selon ses résultats, «une grande partie des diplômés ont réussi, au cours de leurs cinq premières années sur le marché du travail, à progresser dans leur carrière et à augmenter leur revenu».

Le taux de sans-emploi pour ces diplômés était, en 2005, de 2,7%. Il s'inscrivait à la hausse, reflétant le ralentissement économique, par rapport à 2001. Le taux de sans-emploi des jeunes interrogés alors était de 1,2%. Les chiffres montrent aussi que, cinq ans après la fin de leurs études, les diplômés des HES s'en sortent un peu mieux que leurs collègues universitaires.

D'où, à nouveau, l'importance de profiter au maximum des prestations offertes aux étudiants dans les hautes écoles pour les soutenir dans leur quête d'un premier job. La palette de services à leur disposition ne cesse d'ailleurs de s'élargir. Le Centre Uni-emploi à Genève offre par exemple un nouveau cours de rédaction d'un CV en anglais. Un nouveau salon de l'étudiant aura lieu les 28 et 29 mars 2007, à Lausanne, organisé par etucom.

Success & Career (http://www.s-and-c.ch et http://www.bachelor-career.ch) publie chaque année depuis dix ans un guide de conseils pratiques pour trouver un emploi, intitulé Objectif emploi, distribué gratuitement aux étudiants qui terminent leur cursus. La directrice de la publication, Martine Willame, prévoit l'édition, en mars 2007, d'un guide spécialement dédié aux jeunes diplômés.

A la rentrée, Success & Career a aussi lancé un nouveau magazine, Bachelor Career, «conçu pour les étudiants des deux premières années», explique Martine Willame. L'idée est de les sensibiliser le plus tôt possible et de les «conscientiser pour qu'ils développent leurs soft skills (leurs compétences sociales, ndlr) durant leurs études».

Les étudiants des HES ont aussi, comme dans les unis, leurs forums des professions. Celui des écoles d'ingénieurs a eu lieu en octobre dernier à Fribourg. Il se déroule sur une journée, lorsque les jeunes ingénieurs font leur travail de diplôme et sont à deux ou trois mois de leur entrée sur le marché de l'emploi, explique Jacques Crausaz, responsable de la filière génie électrique à l'Ecole d'ingénieurs de Fribourg. Le forum destiné aux étudiants des hautes écoles de gestion a eu lieu, lui, fin octobre à Sierre.