Transport

Steve Salom: «En assurant ses chauffeurs, Uber prend ses responsabilités»

La multinationale californienne du transport met en place un système d'assurance accident pour ses chauffeurs et coursiers suisses, mais craint d'être reconnue comme leur employeur. Interview de son directeur pour la Suisse, Steve Salom

Comme leurs cousins européens, les 2600 chauffeurs d’Uber (au dernier pointage) et les centaines de coursiers Uber Eats ont accès, depuis mardi en Suisse, à un système d’assurance. Disponible dans 20 autres pays, la police «Protection Partenaire», en partenariat avec Axa, couvre les accidents survenus pendant une course effectuée via l’application (frais de santé, hospitalisation ou en cas d’incapacité voire de décès). Mais aussi un montant forfaitaire de 1000 francs en cas de paternité ou maternité chez ses chauffeurs les plus réguliers.

C’est la multinationale du transport qui l’annonce ce mercredi matin, tout en soulignant qu’elle prend en charge l’entièreté du financement supplémentaire. Entretien avec Steve Salom, son directeur pour la Suisse, la France et l’Autriche.

Le Temps: Combien ces assurances coûtent-elles à Uber?

Steve Salom: C’est un investissement très significatif mais nous ne communiquons pas sur le montant exact. Ce système d’assurance, ce n’est pas une décision que nous avons prise à la légère. Nous l’avons mis en place en France il y a plus d’un an, également en Grande-Bretagne ou en Allemagne. C’est un mouvement qui va dans le sens de l’histoire.

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N’est-ce pas la reconnaissance qu’il y avait un problème avec la couverture des chauffeurs?

Il existe déjà en Suisse des obligations en matière de couverture maladie, mais aussi d’assurance pour les véhicules commerciaux. Nous ne nous substituons pas à elles mais nous voulions aller plus loin. Il y a un débat d’actualité sur le futur du travail: comment continuer à bénéficier d’une forme d’activité flexible tout en garantissant un cadre social acceptable et convenable? Uber prend ses responsabilités en accompagnant ses partenaires.

N’êtes-vous pas en train de donner des arguments à ceux qui considèrent qu’ils sont vos employés, et non pas des indépendants?

Cela accroît effectivement le risque que cette relation soit considérée comme relevant du droit du travail. Nous prenons ce risque, car nous pensons que la flexibilité que permet l’indépendance peut s’accompagner de plus de protection. Les chauffeurs valorisent leur indépendance. D’ailleurs, la vaste majorité des taxis sont aussi des travailleurs indépendants, et nous avons le même statut que les diffuseurs de courses à Genève et à Lausanne. Nous n’avons, à ce niveau-là, pas tout réinventé!

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Juridiquement, comment défendez-vous ce statut?

Les chauffeurs et coursiers n’ont aucune obligation de travailler pour nous. Uber n’a pas d’exclusivité et il y a d’autres entreprises sur le marché. Nous n’étions par exemple pas les premiers sur les livraisons de repas. Les chauffeurs comme les coursiers jonglent parfois entre plusieurs applications.

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