Une issue honorable pour les deux parties concernées se dessine dans le conflit qui oppose depuis plusieurs mois le numéro un suisse de la contruction Implenia au fonds britannique Laxey. Déjà évoqué comme possible candidat au rachat d'Implenia, Strabag a pour la première fois fait part ouvertement de son intérêt pour le groupe né en 2006 de la fusion entre Zschokke et Batigroup.

Avec le soutien de la direction

«Strabag serait très intéressé à prendre une participation majoritaire dans Implenia», déclarait dimanche Christian Ebner, porte-parole du groupe autrichien, à la NZZ am Sonntag. Strabag n'envisage toutefois un tel rapprochement que s'il obtient le soutien de la direction d'Implenia. Le groupe coté à la bourse de Vienne, qui a récemment surtout consacré ses efforts d'expansion à l'Europe de l'Est, accéderait d'un seul coup au marché suisse de la construction et bénéficierait du savoir-faire d'Implenia dans des domaines spécifiques comme les tunnels.

Laxey assouplit sa position

En parallèle, le fonds britannique Laxey, qui détient 38,1% du capital d'Implenia, se montre également ouvert à une cession de son paquet d'actions. Son responsable des investissements, le Bâlois Roger Bühler, admet que le fonds n'espère plus un prix de 50 francs par action Implenia, compte tenu du récent recul des marchés. Après une longue bataille juridique, Implenia a réussi à maintenir dans ses statuts une clause limitant les voix du fonds britannique à 5%. Principal argument qui a été avancé par la société suisse: une levée de ce dispositif obligerait Implenia à abandonner certaines de ses activités, notamment celles liées à la construction de logements, en vertu de la Lex Koller. Cette loi helvétique limite en effet à un maximum de 20% la part des actionnaires étrangers pour les entreprises actives dans l'immobilier.

Cette clause vaudrait-elle également pour Strabag? Dimanche, Aloys Hirzel, porte-parole du groupe suisse, indiquait à l'ATS que le plafonnement des voix à 5% serait maintenu pour Strabag également. Martin Hüsler, analyste à la Banque cantonale de Zurich, ne s'attend pas non plus à un assouplissement de la position d'Implenia sur ce point.

Une valorisation élevée du titre

Quant au prix de vente des actions Implenia, l'analyste de la Banque cantonale de Zurich estime qu'il devrait bien sûr être supérieur à 30 francs, niveau déjà qualifié d'insuffisant par Roger Bühler. Reste que Strabag a également une marge de manoeuvre limitée: «Il serait difficile pour le groupe autrichien de faire accepter à ses actionnaires un prix beaucoup plus élevé pour Implenia. Comparée à son secteur, l'action Implenia se traite déjà avec une prime de rachat», observe l'analyste. Lundi, l'action Implenia a regagné du terrain à 33,25 francs, en hausse de 2,3%.