consensus des stratèges de Genève

Les stratèges s’attendent à un renforcement du dollar

La dette des pays émergents et périphériques figure parmi les classes d’actifs privilégiées

Les stratèges s’attendent à un renforcement du dollar

La dette des pays émergents et périphériques figure parmi les classes d’actifs privilégiées

Les stratégistes demeurent constructifs sur la base d’un scénario économique dorénavant consensuel: une croissance historiquement faible mais en amélioration, une inflation atone qui ne franchira pas le Rubicon de la déflation et des banques centrales qui resteront accommodantes au cours des prochains mois.

Dans ce contexte, les actions demeurent la classe d’actifs globalement préférée par le consensus, suivies du crédit (incluant la dette à haut rendement, la dette périphérique et la dette émergente). La zone euro est surpondérée au détriment des émergents. Sectoriellement, les positionnements tendent à favoriser – logiquement – les sociétés financières et industrielles. Quant aux récents mouvements dans les grilles, on observe par contre une plus grande divergence: certains commencent à prendre des profits sur ces actifs et à clôturer certaines surexpositions, d’autres ont fait le chemin inverse.

A quelques exceptions près, le risque de duration demeure toujours nettement sous-représenté. Quelques institutions ont cependant accompagné le mouvement de baisse des taux en rachetant des obligations gouvernementales alors que la majorité des stratégistes (et pas seulement à Genève) s’attendaient à un mouvement inverse cette année.

Les stratégistes de la place s’accordent également sur un renforcement ultérieur du dollar en parallèle avec une accélération de la croissance américaine et anticipent une hausse des taux de la Fed. Concernant l’euro, quelques voix notent que la devise demeure structurellement forte à cause du différentiel d’inflation ou de taux réels et profite ainsi du surplus dorénavant important de sa balance des comptes courants. Il partage ainsi, dans une moindre mesure, les mêmes caractéristiques que le franc suisse.

Les discussions ont été axées sur trois thématiques générales et définies au préalable: (1) le resserrement monétaire de la Réserve fédérale, (2) la probabilité d’accident et de bulle immobilière en Chine dans les 12 prochains mois et enfin (3) les suites de la réunion de la BCE du 6 juin dernier. Ces discussions n’ont pas révélé de grandes inquiétudes, bien au contraire!

La Fed, qui aura définitivement cessé d’acheter des actifs cet automne, ne devrait pas initier son cycle de hausse de taux avant le second semestre 2015.

Malgré les incertitudes et l’opacité entourant à la fois les perspectives et les données chinoises, le gouvernement a les moyens de gérer l’éventuel éclatement d’une probable bulle ou en tout cas de la surchauffe du crédit privé sans impact trop négatif sur sa croissance.

Finalement, l’action de la BCE ou, plutôt, le discours et les mesures annoncées le 6 juin dernier par Mario Draghi ont satisfait les investisseurs même si ces derniers restent dubitatifs sur l’impact qu’elles auront in fine sur l’économie réelle. La reflation se poursuit sur les marchés financiers avec l’entrée récente de la BCE dans ce bal des taux nuls (voire négatifs…) et de politiques monétaires non conventionnelles, tandis que le chef d’orchestre, à savoir la Fed, ne devrait pas quitter son pupitre avant l’été prochain. Bref, jusqu’ici tout va bien.

On notera aussi un retour marqué sur la dette émergente, notamment celle libellée en devises fortes, par une proportion importante des institutions représentées à ce tour de table. Certaines grandes économies, à l’instar de l’Inde, semblent avoir pris au sérieux les problèmes de déséquilibres structurels qui avaient été masqués, jusqu’à l’année passée, par les larges flux financiers qui s’étaient déversés dans leurs marchés. La dette des émetteurs russes est également à nouveau prisée suite à la correction, jugée exagérée, liée à la crise ukrainienne.

* CIO Syz Group, trésorier et membre fondateur de l’ISAG

Les stratégistes de la place s’accordent sur un renforcement ultérieur du dollar

Publicité