Banques

«La stratégie définie par Syz en 2014 porte ses fruits»

Le groupe Syz a retrouvé les chiffres noirs l’an dernier, après avoir acquis l’entité suisse de Royal Bank of Canada, qui a apporté près de dix milliards d’avoirs supplémentaires. L’établissement genevois gère 36,3 milliards de francs

Le groupe Syz gérait 36,3 milliards de francs fin 2016, contre 39,2 milliards un an auparavant et 29 milliards en 2014, avant l’acquisition de l’entité suisse de Royal Bank of Canada (RBC). Le bénéfice net dégagé en 2016 atteint 9 millions, alors que l’établissement avait publié une perte nette de 38,5 millions en 2015, sous l’influence des coûts d’intégration RBC, estimés à 31,2 millions. A titre de comparaison, la banque Mirabaud, avec une masse sous gestion de 33,1 milliards de francs, a dégagé l’an dernier un bénéfice net de 31,6 millions de francs.

L’exercice 2016 de Syz a également été marqué par une augmentation des revenus opérationnels de 17%, à 216,6 millions et un recul de 10% des charges opérationnelles. Les explications du directeur général Eric Syz.

Le Temps: L’année 2016 a été le premier exercice complet après l’intégration de Royal Bank of Canada, qui gérait 11,2 milliards de francs avec environ 150 collaborateurs, lorsque Syz a annoncé son acquisition en 2014. Combien d’actifs et de collaborateurs avez-vous repris?

Eric Syz: Ce chiffre de 11,2 milliards de francs comprenait en partie des avoirs comptabilisés deux fois. L’acquisition de RBC nous a apporté près de 10 milliards d’avoirs supplémentaires, ce qui a doublé la taille de notre banque. Elle nous a aussi apporté une présence en Amérique latine et en Afrique, des zones complémentaires à notre présence européenne historique. Parmi les collaborateurs, pratiquement tous les spécialistes en contact avec la clientèle sont restés. Globalement, nous avons compté près de 80 départs, soit 40 de chaque côté, dans le cadre d’un plan social.

- Pourquoi avoir aussi licencié au sein de Syz?

- Une acquisition donne aussi l’occasion de revoir nos processus et de faire des synergies. Dans ce contexte, nous avons décidé de ne nous séparer de quelques collaborateurs qui n’avaient plus de possibilité d’évoluer au sein de notre structure. Cette acquisition s’est inscrite dans une stratégie définie en 2014, après le départ des deux autres cofondateurs du groupe, Alfredo Piacentini et Paolo Luban. Nous avons alors défini une stratégie de croissance, qui impliquait d’externaliser certaines activités, de changer de système informatique et de croître par acquisitions. Elle porte aujourd’hui ses fruits, avec la progression de 17% des revenus opérationnels et une baisse des charges.

- Comment expliquez-vous la baisse des avoirs sous gestion entre 2015 et 2016, qui sont passés de 39,2 milliards à 36,3 milliards de francs?

- Par trois facteurs: les régularisations des clients venus de Royal Bank of Canada, en particulier en Amérique latine; le choix de ne pas accueillir certains autres clients; et enfin la cession de notre joint-venture espagnole N + 1 Syz. Cette vente s’est traduite par un produit exceptionnel qui explique largement la différence entre notre bénéfice opérationnel 2016, de 4 millions, et notre bénéfice net, de 9 millions de francs. Nous avons par ailleurs enregistré des afflux nets de fonds de 450 millions de francs au niveau du groupe l’an dernier.

Publicité