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Les investisseurs ont le sourire après une année 2017 très favorable.
© Spencer Platt / AFP

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Des stratégies en grande majorité haussières sur les actions et les technologies 

Nous avons demandé aux stratèges d’instituts membres de l’Association des stratégistes d’investissement de Genève (ISAG) de répondre à nos questions sur leurs idées de placement pour 2018  

Fabrizio Quirighetti, CIO et coresponsable de la gestion multi-actifs, SYZ AM

Le Temps: Allez-vous prendre plus ou moins de risque de placement en 2018?

Fabrizio Quirighetti: Nous terminons 2017 avec encore une certaine dose de risque au sein de nos portefeuilles, en privilégiant les actions et des instruments liquides pouvant offrir une asymétrie entre gains et pertes potentiels. Nous commençons à réduire le crédit pour cette raison. Malgré les niveaux d’évaluation élevés dans la plupart des classes d’actifs, nous estimons que l’actuelle exubérance rationnelle pourrait se prolonger encore un peu, voire devenir même euphorique ou irrationnelle. Mais il est clair que nous devrons réduire le risque à un certain moment. Après que la réforme fiscale américaine sera passée et lorsque la BCE adoptera un ton beaucoup moins accommodant (2e trimestre).

– Quel sera le meilleur actif en 2018? Actions, obligations, hedge funds, private equity, immobilier, cash?

– Les actions devraient encore tenir le haut du pavé quelques mois mais on devrait sortir à un moment ou à un autre de ce scénario de Boucle d’Or. Soit la croissance va commencer à fléchir, l’inflation va remonter, ou/et, plus embêtant pour l’ensemble des marchés, les banques centrales vont finalement retirer l’immense saladier de punch et mettre un terme à la fête. Cette éventuelle correction réoffrira des points d’entrées intéressants aussi bien sur les actions que les obligations et il faudra avoir dès lors des portefeuilles plus balancés avec moins de tilts régionaux ou sectoriels. Comme la (mauvaise?) surprise pourrait venir de la BCE, voir de la BOJ ensuite, il faut aussi envisager une poursuite du renforcement de l’euro. Dans ce contexte, je miserai actuellement sur les actions suisses, japonaises et européennes sans couvrir les risques de change pour un investisseur suisse.

– Est-ce que les valeurs technologiques vont continuer de s’apprécier ou non?

– Cela est fort probable et reflète l’évolution de notre société avec une concentration des succès et richesses à une certaine élite, plus globale, plus réactive, mieux éduquée, informée et donc toujours plus efficiente. Mais ce phénomène de crowding-out ne peut durer éternellement et pour l’année qui vient je vois deux risques majeurs dans ce secteur. Premièrement, si on retrouve un semblant de normalisation au niveau du cycle économique et monétaire, les évaluations parfois très généreuses de ces titres seront mises sous pression. Le second est d’ordre politique: combien de temps les régulateurs laisseront encore ces grands groupes mondiaux tels que Google ou Amazon continuer à profiter des failles dans le système de taxation ou de situations qui s’apparentent dorénavant à des monopoles?

– Est-ce qu’il est préférable d’avoir Roche, Nestlé et Novartis ou les small caps en 2018?

– Je mélangerais les deux avec un peu plus de small caps en début d’année et beaucoup moins vers la fin.

– Quel titre, marché ou secteur en dehors des grands indices vous semble très attractif?

– Voici quelques idées idiosyncratiques de titres qui n’ont pas vraiment été à la fête en 2017 mais qui pourraient se réveiller en 2018: General Electric (restructuration), Whirlpool (reprise de la consommation au Brésil), Japan Post Bank (corrélés positivement et très fortement aux taux longs). Sans garantie évidemment… En outre le secteur de l’énergie est certainement aujourd’hui le plus attractif d’un point de vue de l’évaluation et pourrait «bénéficier» de l’instabilité latente au Moyen-Orient. ENI me semble un bon choix ne serait-ce que pour son coupon élevé. Pour finir, un zeste d’obligations d’émetteurs supranationaux (affichant donc d’excellentes notations de crédit) dans des devises plus rock'n'roll qui sont soit clairement sous-évaluées tel que le peso mexicain, soit qui offrent des rendements me paraissant bien compenser les risques de dérapage, tels que la lire turque ou le peso argentin.


Gilles Prince, Head of discretionary portfolio management & deputy CIO, Edmond de Rothschild

Le Temps: Allez-vous prendre plus ou moins de risque de placement en 2018?

Gilles Prince: En regard des récentes tendances et du sentiment du marché, nous commencerons l’année avec une prise de risque moindre. Cela étant, nous n’adoptons pas un positionnement outrageusement défensif et voulons gérer notre prise de risque activement. Les risques économiques et géopolitiques ont en effet largement été ignorés par les marchés et doivent être intégrés dans notre prise de risque.

– Quel sera le meilleur actif en 2018? Actions, obligations, hedge funds, private equity, immobilier, cash?

– Le contexte macroéconomique et le cycle des bénéfices demeurent de bons supports pour les actifs risqués comme les actions. La gestion active est à privilégier, notamment par le biais des hedge funds opérant des stratégies à base d’actions. Nous ne voyons que peu de potentiel sur les segments obligataires et des liquidités, que nous utiliserons essentiellement dans une optique de gestion du risque.

– Est-ce que les valeurs technologiques vont continuer de s’apprécier ou non?

– Les valeurs technologiques sont chères et leur capitalisation domine les indices de manière inquiétante. A court terme, en cas de correction, elles seront les premières à faire l’objet de prises de profit, ou tout au moins d’une consolidation. A plus long terme, la révolution technologique soutient une surperformance du secteur, même si sa volatilité aujourd’hui un peu en retrait ne doit pas être sous-estimée.

– Quel titre, marché ou secteur en dehors des grands indices vous semble très attractif?

– La solidité retrouvée de l’Union européenne, la volonté d’assainir les bilans des banques, la pentification attendue de la courbe des taux d’intérêt européenne, et la croissance économique encourageante en zone euro sont autant d’éléments qui permettront aux banques européennes de reprendre des couleurs. Ajusté au risque, les obligations financières sont plus attractives que les actions.


Valérie Lemaigre, BCGE

Le Temps: Quel Bilan 2017 et aviez-vous bien prévu cette année?

Valérie Lemaigre: Oui, comme anticipé, l’année 2017 a confirmé le redémarrage des investissements productifs des entreprises et le retour de leur profitabilité grâce au rééquilibrage de la croissance et la stabilité des prix. Notre allocation sectorielle et régionale (US, Emergents, small caps suisses) mettant à l’honneur le secteur IT comme premier réceptacle du retour des investissements s’avère payante. La dynamique des marchés boursiers a été toutefois sous-estimée, puisque nous tablions essentiellement sur le moteur de profitabilité.

– Allez-vous prendre plus ou moins de risque de placement en 2018?

– Notre allocation restera semblable car elle est déjà bien positionnée pour profiter de la création de valeur ajoutée des entreprises. Nous maintenons le biais en faveur des actions et des obligations d’entreprises dans une allocation faible en obligations. Les catalyseurs de réduction de risque ne sont pas activés tant qu’ils n’affectent pas la stabilité des prix (ex. prix du pétrole), des principales devises et des taux d’intérêt.

– Quel sera le meilleur actif en 2018?

– Les actions cotées et non cotées. Notre allocation reste en faveur de la création de valeur ajoutée des entreprises. La profitabilité devrait rester le moteur de performance des marchés boursiers et du private equity. Quant aux obligations et à l’immobilier, l’oscillation des taux plutôt dans le haut des marges, ne devrait pas favoriser la performance des obligations et ralentir celle de l’immobilier. Les hedge funds ne font pas partie de notre environnement d’investissement.

– Est-ce que les valeurs technologiques vont continuer de s’apprécier ou non?

– Oui, il reste encore du potentiel dans une phase de redémarrage des investissements des entreprises (10% de croissance des investissements IT aux US lors du 3e trimestre), notamment sous l’impulsion de la numérisation des différents secteurs. Une sélection rigoureuse dans les segments semi-conducteurs, hardware et software, les plus concernés par cette phase d’investissements, est cependant nécessaire après la récente forte appréciation.


Vincent Juvyns, JP Morgan

Le Temps: Allez-vous prendre plus ou moins de risque de placement en 2018?

Vincent Juvyns: Nous avons privilégié les actifs risqués tout au long de 2017 et nous maintiendrons ce positionnement à l’entame de 2018. Nous veillons toutefois à bien diversifier ces risques sur le plan régional et sectoriel, ce qui nous permet de réduire les corrélations au sein de nos fonds. 2018 s’annonce positif sur le plan macroéconomique mais il faut s’attendre à ce que les performances des marchés d’actions soient inférieures à celles de 2017.

– Quel sera le meilleur actif en 2018?

– Les actions devraient le plus profiter de l’accélération de la croissance nominale sur le plan mondial. En outre, la croissance relativement robuste des bénéfices des entreprises devrait également permettre à ces dernières d’augmenter leurs dividendes en 2018. La gestion active et la recherche de décorrélation seront indispensables en 2018 et à cet égard nous estimons que les solutions hedge funds multistratégies pourraient bien performer également à l’instar des «long/short» et des «global macro».

– Est-ce que les valeurs technologiques vont continuer de s’apprécier ou non?

– Nous estimons en effet que les valeurs technologiques devraient continuer à progresser en 2018 vu l’importance croissante qu’elles ont dans notre quotidien. La progression des valeurs technologiques observée globalement en 2017 n’a pas donné lieu à une envolée des valorisations comme en 2000. Si les technos américaines demeurent incontournables, nous estimons cependant qu’il faut également être attentif aux technos européennes qui sont moins sur le radar de gérants internationaux.

– Est-ce qu’il est préférable d’avoir Roche, Nestlé et Novartis ou les small caps en 2018?

– Globalement on peut estimer que l’environnement sera plus favorable aux small caps et ce d’autant plus qu’elles pourraient bénéficier davantage que les large caps des réformes structurelles et de la fiscalité qui sont opérées (ou sur le point de l’être) un peu partout dans le monde. Seul bémol, les small caps demeurent relativement chères et il faut ici gérer son exposition de manière active afin de séparer le bon grain de l’ivraie.

– Quel titre, marché ou secteur en dehors des grands indices vous semble très attractif?

– Nous privilégions les marchés d’actions globaux, surtout le Japon et de manière transversale les secteurs technologiques et financiers. La gestion flexible restera le maître mot en 2018, tant pour les fonds multi-actifs qu’obligataires, ainsi que la recherche de décorrélation avec, par exemple, de la stratégie des hedge funds. Au niveau obligataire, la dette émergente, les convertibles et la dette liée à l’infrastructure nous semblent dignes d’intérêt.


Frédéric Lamotte, Chief Investment Officer du groupe Indosuez Wealth Management

Le Temps: Allez-vous prendre plus ou moins de risque de placement en 2018?

Frédéric Lamotte: Nous ne prendrons pas plus de risque. Côté dette, nous avons désensibilisé les portefeuilles en réduisant la duration (nous anticipons une remontée des taux, notamment la Fed qui devrait relever ses taux deux ou trois fois en 2018). Les actions vont continuer à être soutenues par les «rachats d’actions» et une croissance mondiale synchrone et génératrice de revenus pour les entreprises.

– Quel sera le meilleur actif en 2018?

– Une combinaison d’actions et d’immobilier. Pour les clients pour lesquels la liquidité est importante, nous privilégierons les actions. Et pour ceux qui peuvent accepter une illiquidité plus importante (et un horizon d’investissement plus long) une combinaison d’actions, de private equitiy et d’immobilier devraient s’avérer gagnante.

– Est-ce que les valeurs technologiques vont continuer de s’apprécier ou non?

– Contrairement aux avis très répandus, la valorisation du secteur technologique reste loin de celle des années 1990 et sa prime vis-à-vis du S&P 500 est justifiée. L’intelligence artificielle, la robotique et l’explosion du streaming et du cloud sont les moteurs de croissance pour les années à venir. Nous conseillons de surpondérer la Tech, avec les FAANG encore parmi nos favoris (Facebook, Apple, Amazon, Netflix, and Alphabet), ainsi que les Semiconducteurs y compris les équipementiers, et de nombreuses valeurs chinoises, sud-coréennes et japonaises.

– Quel titre, marché ou secteur en dehors des grands indices vous semble très attractif?

– Portée par le cycle économique, la gestion active va continuer à réaliser de belles performances après un retour en force en 2017. L’analyse fine de la valorisation des entreprises offre de la valeur, c’est certain. En termes géographiques, l’Asie et plus spécifiquement la technologie chinoise sont toujours prometteuses, et toujours les grands classiques de la consommation intérieure asiatique. Nous restons convaincus qu’une allocation en or physique est un bon amortisseur des risques potentiels.


Pierre Pinel, CIO, Mirabaud asset management

Le Temps: Quel Bilan 2017 et aviez-vous bien prévu cette année?


Pierre Pinel: L’année 2017 a surpris par la faiblesse de la volatilité sur les marchés et par la complaisance des investisseurs par rapport à certains événements géopolitiques qui ont jalonné l’année. Notre scénario de reprise modérée de la croissance mondiale, notre surpondération sur les marchés actions et notre allocation sur les secteurs cycliques ont été bénéfiques pour la performance de nos portefeuilles.


– Allez-vous prendre plus ou moins de risque de placement en 2018?

– Bien que la croissance mondiale continue de s’accélérer, nous réduirons le risque au sein de nos portefeuilles en 2018. Vu les valorisations élevées, la hausse des marchés actions proviendra principalement de la croissance des bénéfices, qui sera plus faible en 2018. Par ailleurs, la marge pour des surprises économiques positives est plus faible compte tenu des niveaux atteints par les sondages.


– Quel sera le meilleur actif en 2018?


– Les actions surperformeront les autres actifs financiers dans un environnement de hausse modérée des taux d’intérêt et de renforcement de la croissance économique. Les investisseurs devront cependant s’attendre à une volatilité supérieure et à une moindre corrélation entre les titres. Les gestionnaires actifs devraient de nouveau être en mesure de surperformer une gestion indicielle.


– Est-ce que les valeurs technologiques vont continuer de s’apprécier ou non?


– Nous restons surpondérés dans les secteurs des softwares, des semi-conducteurs et d’Internet. La croissance bénéficiaire de ces secteurs restera importante et nous les privilégions dans un environnement de croissance modérée. Nous nous attendons néanmoins à un regain de volatilité et à des corrections intermédiaires importantes pour les valeurs qui ont enregistré des performances extraordinaires en 2017.


– Quel titre, marché ou secteur en dehors des grands indices vous semble très attractif?


– En dehors des grands indices, nous sommes positifs sur la thématique «high tax US» qui profitera de la réforme fiscale aux Etats-Unis, pas encore intégrée dans les prix par les investisseurs. Nous investissons également sur le megatrend «ageing population» qui offre des opportunités dans les secteurs des loisirs, des entreprises pharmaceutiques spécialisées et du live at home. Enfin nous sommes positifs sur les activités liées aux énergies renouvelables ainsi qu’à la fabrication des batteries.


Emmanuel Ferry, directeur des investissements, banque Pâris Bertrand Sturdza

Le Temps: Allez-vous prendre plus ou moins de risque de placement en 2018?

Emmanuel Ferry: Les marchés financiers sont chers mais cela ne suffit pas pour désinvestir. Les banques centrales nous disent clairement qu’il faut conserver un positionnement procroissance. Les valorisations extrêmes sur toutes les classes d’actifs ne présagent rien des performances à 12 mois. Elles indiquent néanmoins un retour du risque de pertes. Si l’allocation d’actifs doit avoir un biais plus défensif, il faudra être plus offensif sur les choix actifs et les idées.

– Quel sera le meilleur actif en 2018?

– Les actions. Le marché cyclique haussier actuel des actions US a connu une durée et une intensité exceptionnelles. Si on se fie à l’adage boursier selon lequel «les marchés haussiers ne meurent pas de vieillesse mais d’excès», le cycle actuel peut encore se poursuivre. Ce sont les actions qui affichent la plus confortable prime. Seule une séquence d’excès de dette, de resserrement monétaire excessif et de récession sera susceptible d’interrompre ce marché haussier.

– Est-ce qu’il est préférable d’avoir Roche, Nestlé et Novartis ou les small caps en 2018?

– Malgré la dynamique fondamentale supérieure des small caps suisses, nous privilégions les trois grandes capitalisations suisses pour 2018. La valorisation des small caps atteint des niveaux records tant en absolu (PE prospectif de 24x) qu’en relatif (prime de 40% par rapport au SMI) et va constituer un frein. Dans un marché de plus en plus complaisant, nous mettons l’accent sur les valeurs de fonds de portefeuille.

– Quel titre, marché ou secteur en dehors des grands indices vous semble très attractif?

– Le style Value dans les marchés émergents nous semble prometteur pour 2018. La décote par rapport au style Croissance est sur des niveaux jamais vus depuis vingt ans, dans un contexte de reprise cyclique qui devrait réduire les divergences de valorisation. Ce qui manque encore est une normalisation de l’inflation globale.


Stéphane Monier, Chief Investment Officer, Lombard Odier Private Bank

Le Temps: Allez-vous prendre plus ou moins de risque de placement en 2018?

Stéphane Monier: Nous prendrons un biais légèrement plus risqué dans un contexte d’allocation d’actifs déjà orientée vers les actifs risqués. Si le cœur de notre positionnement reste identique à celui de 2017 sur la base d’un scénario macroéconomique de reprise continue et d’une croissance globale au-dessus de son potentiel en 2018, nous incorporerons davantage d’instruments qui présentent un potentiel de rendement intéressant dans la poche obligataire, comme les obligations convertibles ou la dette émergente.

– Quel sera le meilleur actif en 2018?

– Nous continuons de tabler sur les actions et le private equity. Les marchés actions progressent de concert avec les fondamentaux de l’économie mondiale: une croissance stable, une inflation sous-contrôle et des conditions financières favorables. En effet, les indicateurs économiques mondiaux et notre propre modèle d’analyse du cycle économique pointent dans la direction de la continuité des tendances de 2017.

– Est-ce que les valeurs technologiques vont continuer de s’apprécier ou non?

– Les valeurs technologiques bénéficient de vents arrière structurels et leur performance est à observer dans un horizon de temps plus long. Ce secteur est directement exposé à la quatrième révolution industrielle et par conséquent à la transformation profonde que la technologie est en train d’orchestrer au sein de notre société. Plus généralement, nous nous attendons à une poursuite de la surperformance des valeurs cycliques face aux titres défensifs.

– Est-ce qu’il est préférable d’avoir Roche, Nestlé et Novartis ou les small caps en 2018?

– Nous voyons un potentiel important dans les petites capitalisations, en Suisse et dans le reste du monde. Ces entreprises, pour la plupart exportatrices en ce qui concerne le segment en Suisse, bénéficient des solides fondamentaux à l’échelle globale. Elles sont soutenues par une croissance mondiale appuyée et restent portées par une importante dynamique bénéficiaire.


Alan Mudie, CIO Société Générale

Le Temps:  Allez-vous prendre plus ou moins de risque de placement en 2018?

Alan Mudie: Nous maintiendrons notre positionnement constructif en début d’année 2018. Nos indicateurs avancés laissent présager une poursuite de la croissance synchrone de l’économie globale, sans pression inflationniste trop inquiétante. Ainsi la politique monétaire devrait rester globalement accommodante, même aux Etats-Unis où les taux directeurs demeurent inférieurs à l’inflation. Toutefois, les valorisations élevées nous incitent à la vigilance, surtout si l’environnement macro venait à se dégrader.

– Quel sera le meilleur actif en 2018?

– Parmi les classes d’actifs que nous couvrons dans notre processus d’investissement, les actions devraient de nouveau surperformer les autres actifs. L’environnement économique reste porteur et les fondamentaux sont solides. Bien qu’élevées, les valorisations sont moins tendues que celles des obligations d’Etat. Le momentum est robuste, les facteurs techniques sont neutres et on ne décèle pas d’euphorie, les investisseurs restant préoccupés par différents risques géopolitiques.

– Est-ce que les valeurs technologiques vont continuer de s’apprécier ou non?

– Nous gardons une préférence pour les technologies d’information. Toutefois, il convient d’être sélectif et nous adoptons une approche thématique pour nos sélections de titres. Par exemple, l’Industrie 4.0 voit une transformation radicale des processus de fabrication, synonyme des gains de productivité pour les valeurs industrielles innovantes et d’opportunités pour leurs fournisseurs de logiciels et d’outils connectés.

– Quel titre, marché ou secteur en dehors des grands indices vous semble très attractif?

– Nous nous intéressons aux obligations liées aux contrats d’assurance (Insurance-linked Securities – ILS). Ce segment a fortement souffert des sinistres liés aux ouragans qui ont frappé les Etats-Unis cet été, ce qui, par ailleurs, a provoqué une hausse des primes pour les nouveaux contrats. Les ILS représentent une source de diversification intéressante, leurs rendements étant totalement décorrélés des autres classes d’actifs.

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