Multimédia

Le streaming sportif, nouvel enjeu pour les diffuseurs

Face au ralentissement de ses chaînes câblées, Disney cherche à diversifier son offre. Acteurs traditionnels et numériques se disputent le marché du «second écran»

Un milliard de dollars ou l’équivalent de 1,1 milliard de francs. C’est la somme investie par Disney dans le streaming sportif. Le géant américain des médias et du divertissement a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi l’acquisition d’un tiers du capital de la société BAMTech, spécialisée dans la technologie de diffusion en direct d’événements sportifs sur l’Internet.

Un investissement stratégique pour Disney dont le bénéfice net trimestriel a augmenté de 5% à 2,6 milliards de dollars, un montant supérieur à celui attendu par les analystes. Actionnaire majoritaire de la chaîne sportive ESPN depuis 1996, la maison mère de Mickey compte sur son nouveau partenaire pour «prendre du volume et monétiser ses capacités de streaming», a déclaré le PDG de Disney Robert Iger. Le groupe dispose d’une option pour acquérir une participation majoritaire dans les années à venir.

Marché en croissance

Confrontées à la concurrence du streaming gratuit, les chaînes câblées sont contraintes de revoir leur modèle d’affaires. En deux ans, ESPN a perdu 7 millions d’abonnés, à 92 millions. Soit son audience d’il y a une décennie. Le chiffre d’affaires de l’ensemble des chaînes câblées de Disney a stagné à 4,2 milliards de dollars (+1%).

Pourtant, l’intérêt pour le sport – l’un des seuls divertissements suivi principalement en direct – ne s’est pas affaibli. Le marché des revenus sportifs devrait croître de 5% à plus de 90 milliards de dollars d’ici à 2017, selon une étude du cabinet de conseil AT Kearney.

Droits streaming vendus séparément

Alors que de plus en plus d’aficionados suivent leur équipe ou regardent plusieurs matches en parallèle sur leur ordinateur, smartphone ou tablette, le marché du «second écran» est devenu la nouvelle bataille des chaînes sportives. Un phénomène qui a poussé «la NFL (la ligue de football américain ndlr.) à vendre des droits streaming séparément des droits TV, comme traditionnellement avec les chaînes CBS et NBC», constate une récente étude du cabinet d’analyse Euromonitor International.

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Twitter, qui a mis dix millions de dollars pour acquérir les droits de dix matches de NFL, proposera également gratuitement des rencontres des championnats professionnels de baseball et de hockey ainsi que du contenu «behind-the-scene». Un investissement que le réseau social espère rentabiliser grâce à des espaces publicitaires vendus spécialement pour l’occasion.

Le groupe Disney misera, lui, sur la complémentarité entre plateformes, a assuré mardi son PDG. Il ne proposera ainsi par les mêmes contenus en streaming ou sur son bouquet câblé. Le streaming pourrait bien finir par payer.

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